Google et Médiamétrie créent une audience bimédia

Aujourd’hui, les grands programmes de télévision ont une vie propre sur le Web. Or les deux mondes, celui de la télé et celui d’Internet, ont des mesures d’audience différentes. Pour les unifier, Google et Médiamétrie ont signé hier un partenariat qui leur permettra de mesurer en direct les comportements et usages des Français à l’égard de la télévision et d’Internet afin de saisir les complémentarités entre les deux écrans.

D’ici à l’été prochain, ces deux opérateurs se proposent de radiographier les audiences télé et numériques de programmes comme «The Voice» sur TF1, qui a réuni en moyenne 8,2 millions de téléspectateurs et a occasionné 35 millions de vidéos vues sur mytf1.fr.

Grâce à un premier panel de 500 personnes, «nous pourrons appréhender le comportement de chaque individu à l’intérieur du foyer et déterminer les contenus qu’il consomme sur chacun des écrans, qu’il s’agisse du téléviseur, de l’ordinateur, du mobile ou des tablettes», explique Laurent Battais, directeur exécutif de Médiamétrie. Puis, entre septembre et la fin de l’année 2012, un panel de 3000 foyers sera déployé. En mesurant l’audience sur ces différents supports, l’idée est d’aider les diffuseurs à développer une «approche éditoriale mais aussi publicitaire». «Nous pourrons suivre», explique Laurent Battais «comment se comporte un programme sur les différentes plates-formes, ce qu’il suscite comme prolongement ou commentaire sur la Toile».

Arrivée de la télé connectée

Cette initiative est d’autant plus importante que, dans un avenir proche, les mondes de l’audiovisuel et d’Internet se rejoindront dans la télévision connectée. «C’est une réalité qu’il est encore difficile d’appréhender», mais elle s’imposera à long terme. «En sachant comment les contenus sont consommés sur les différentes plates-formes, nous pourrons mieux anticiper et bâtir les usages de demain ainsi que proposer de nouvelles solutions à nos annonceurs», souligne Georges Mao, directeur des études d’Europe du Sud pour Google.

Ce n’est pas la première fois que le géant américain d’Internet se lance dans ce type d’expérimentation. Il est déjà en partenariat avec GFK en Allemagne, Qantar Medias en Grande-Bretagne, et avec NBCU aux États-Unis pour prévoir les usages de demain. «Aux États-Unis, notre expérimentation va porter sur les Jeux olympiques de Londres. Notre but est d’expertiser les audiences de ces contenus et leur interaction avec Internet, afin d’établir comment nous pouvons en tirer parti pour nos annonceurs. Certaines marques auront tout intérêt à développer des stratégies bimédias pour toucher des publics qui, par exemple, sont sur Internet via YouTube mais qui en revanche ont déserté la télévision», explique encore Georges Mao.

L’expérimentation cofinancée par Médiamétrie et Google est ouverte aux agences médias et annonceurs représentés notamment au sein du Centre d’étude des supports de publicité (CESP). «Nous voulons que ce dispositif soit transparent et ouvert dès le départ aux professionnels. Il est bon que non seulement ils nous accompagnent sur la méthodologie, mais aussi qu’ils partagent avec nous les enseignements issus de ce pilote», affirment les deux partenaires. Les premiers résultats agrégés devraient être accessibles au premier trimestre 2013.

lefigaro.fr

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