Les ventes d’armes à la Syrie condamnées

Le régime de Damas a enfreint mardi en plusieurs endroits le cessez-le-feu inscrit dans le plan de paix de Kofi Annan et entré en vigueur jeudi matin. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), deux personnes ont été tuées et une dizaine d’autres blessées lors de bombardements de l’armée sur la ville de Basr al-Harir, dans la province de Deraa. Trois personnes ont trouvé la mort au nord, dans la province d’Idlib. À Damas, la capitale, les quartiers de Khalidiya et de Bayada ont été pris pour cible pour la quatrième journée consécutive.

La détérioration de la situation n’a pas empêché le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’affirmer mardi au cours d’une réunion de la Ligue arabe au Qatar que le cessez-le-feu était «observé de façon globale». Tout en ajoutant aussitôt que les 250 observateurs de l’ONU prévus à terme ne seraient pas assez nombreux «au regard de la situation actuelle et de la taille du pays». Les Nations unies, a précisé Ban Ki-moon, demanderont donc à l’Union européenne de lui fournir des hélicoptères et des avions pour faciliter la mobilité de la mission, ce qu’il proposera officiellement mercredi au Conseil de sécurité.

Les doutes du général Mood

Le président Bachar el-Assad, qui semble appliquer chaque partie du plan Annan en traînant les pieds, pourrait ne pas accepter immédiatement d’ouvrir son espace aérien. Le succès de la médiation onusienne paraît d’ailleurs mis en doute par certains de ses acteurs. Le général norvégien Robert Mood, qui a passé cinq jours en Syrie pour préparer le terrain, a refusé de s’exprimer publiquement depuis la remise de son rapport à Ban Ki-moon le 10 avril. Rentré à Oslo, il laisse courir l’idée qu’il ne croit pas à la mission des observateurs. L’ambassadeur de Russie auprès de l’ONU, Vitali Tchourkine, l’a accusé de «fuir au milieu de l’action». Le dernier rapport de l’ONG de résolution des conflits International Crisis Group (ICG) résume l’opinion professée en privé par les moins optimistes des diplomates chargés du dossier: «On peut s’attendre à un processus pénible et superficiel, qui exigera des efforts diplomatiques épuisants rien que pour le garder en vie.»

Selon ICG, le gouvernement syrien peut compter pour cela sur l’appui de la Russie, comme l’a encore montré mardi la déclaration du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Ce dernier a dénoncé «les forces extérieures» qui «livrent des armes à l’opposition syrienne». Comme pour lui répondre, des journaux du Qatar proches des autorités de l’émirat, ont plaidé pour une intervention militaire en Syrie. Et, à Paris, une cinquantaine d’États et d’organisations, réunis dans le Groupe de travail international sur les sanctions contre le régime syrien, ont dénoncé pour leur part les ventes d’armes à Damas, une motion qui vise la Russie sans la nommer. La France a annoncé mardi une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays Amis de la Syrie, notamment les États-Unis, la Turquie et le Qatar, jeudi à Paris.

Pierre Prier (Le Figaro)

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