Mali: l’ex-président Touré réfugié à Dakar

De la même manière qu’il a quitté le pouvoir, après avoir été renversé par un coup d’État le 22 mars, Amadou Toumani Touré a quitté le Mali jeudi 19 avril sans les honneurs, dans un avion de la présidence sénégalaise. Direction : Dakar, pour un exil dont la durée est inconnue.

Comme annoncé de source officieuse depuis plusieurs jours, Amadou Toumani Touré (ATT) s’est finalement rendu à Dakar mercredi soir avec sa famille. Mais on ne sait pas pour combien de temps l’ex-président, renversé le 22 mars par un coup d’Etat, s’installe dans la capitale sénégalaise : quelques jours, avant de gagner un autre lieu de résidence, ou plusieurs semaines, mois, voire années, en attendant que le climat politique s’améliore à Bamako ?

Âgé de 63 ans, ATT avait trouvé refuge depuis plusieurs jours dans la résidence de l’ambassade du Sénégal à Bamako, comme l’avait indiqué mercredi le président sénégalais Macky Sall, en visite à Paris. C’est d’ailleurs à bord de l’avion présidentiel sénégalais que l’ancien chef d’État, qui a officiellement démissionné le 8 avril, a quitté le territoire malien.

Soldats mécontents

« Il a été installé dans une résidence dakaroise réservée aux hôtes de marque du Sénégal», a affirmé Abou Abel Thiam, porte-parole du président sénégalais Macky Sall. Mais son départ n’a pas été de tout repos pour ATT. À l’aéroport de Bamako, des soldats mécontents de son régime se sont opposés à ce qu’il quitte le territoire. Selon une source militaire, l’ex-leader de la junte, le capitaine Amadou Haya Sanogo, avait donné son accord au voyage d’ATT malgré le désaccord d’une grande partie des putschistes.

Presqu’au moment où ATT s’envolait, 22 responsables civils et militaires qui avaient été arrêtés en début de semaine ont été libérés, a assuré la junte et une source du ministère de la Défense. La plupart d’entre eux sont considérés comme des proches – présents ou passés – de l’ancien président. La gendarmerie affirme qu’ils sont toujours sous le coup d’enquêtes et susceptibles de poursuites judiciaires, assurant que des armes ont même été découvertes chez certains d’entre eux.

Jeuneafrique.com

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