Affaire du Sofitel : DSK cible ses adversaires politiques

Nouveau rebondissement dans l’affaire du Sofitel. Dans une interview au quotidien britannique The Guardian, Dominique Strauss-Kahn accuse ses opposants politiques d’avoir orchestré sa chute, sans aller toutefois jusqu’à les mettre en cause dans la relation sexuelle qu’il a eue avec Nafissatou Diallo. Il estime que les événements qui ont suivi son arrestation sont arrivés par l’entremise de «ceux qui avaient un agenda politique».

«Il y a eu plus de choses qu’une simple coïncidence», affirme t-il dans cet entretien accordé à Edward Epstein, le 13 avril dernier à Paris. Ce journaliste américain est l’auteur d’un livre intitulé Trois jours en mai soutenant la version du complot. «Peut-être étais-je politiquement naïf, mais je n’ai simplement pas cru qu’ils iraient aussi loin», poursuit DSK en référence à l’entourage de Nicolas Sarkozy et au parti de l’UMP.

L’ancien favori de la présidentielle, qui prévoyait d’annoncer sa candidature le 15 juin 2011, accuse des agents liés au président d’avoir intercepté ses appels téléphoniques et de s’être assuré que Nafissatou Diallo aille bien se plaindre à la police. Pour lui, c’est une preuve de complot. Le femme de chambre a déposé plainte au civil un peu avant l’abandon du procès pénal en août dernier et réclame aujourd’hui des dommages et intérêts non chiffrés pour agression sexuelle. Le juge civil, Douglas McKeon, donnera sa décision mardi sur l’abandon ou non du dossier.

Des détectives recrutés par ses avocats

Pour prouver sa thèse, Dominique Strauss-Kahn cite en outre la fameuse dance de quelques secondes de deux employés de l’hôtel, capturée par les caméras du Sofitel, l’après-midi du 14 mai. Cela ne peut pas être une simple coïncidence à ses yeux. Le Sofitel a démenti tout lien entre les deux événements. Dominique Strauss-Kahn explique au Guardian avoir mené sa propre enquête durant ces onze derniers mois. Des détectives new-yorkais de la société de sécurité, Guidepost Solutions, ont été contactés juste après son arrestation par ses avocats, Benjamin Brafman et William Taylor. Ensemble, ils ont étudié les vidéos de l’hôtel, les relevés électroniques des portes des chambres et les relevés téléphoniques de ses portables. Selon l’ancien directeur du FMI, s’il a été arrêté à l’aéroport de JFK à New York, puis envoyé à la prison de Rikers Island, c’est donc parce qu’il a été victime de «coups tordus», écrit le Guardian.

Autre preuve à ses yeux d’un complot, DSK dit avoir été mis sous surveillance par les services secrets français plusieurs semaines avant son arrestation. Persuadé d’être sur écoute et prenant cette menace «très au sérieux», il avait fait encoder ses sept téléphones portables. Mais il avait retiré le logiciel en mai, après avoir réalisé qu’ils ne fonctionnaient plus. Dans la matinée du 14 mai, avant le rapport avec Nafissatou Diallo, il a reçu un message sur son BlackBerry professionnel et des messages d’une amie parisienne l’avertissant que ses communications étaient interceptées. Dominique Strauss-Kahn a refusé, en revanche, de parler à Edward Epstein de l’affaire du Carlton et de ses déboires avec la justice française, citant des contraintes judiciaires.

lefigaro.fr

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