Les USA n’ont pas de «remède miracle» contre al-Qaida

Un an après la mort de son chef Oussama Ben Laden, al-Qaida est affaibli mais n’a pas disparu. «Il n’y a pas de remède miracle pour détruire» le réseau islamiste, qui reste «une menace», a reconnu vendredi Leon Panetta, à quelques jours de la date anniversaire du raid des Navy Seals au Pakistan, le 2 mai 2011. Le secrétaire américain à la Défense a toutefois estimé que «les États-Unis étaient plus sûrs» depuis la mort de Ben Laden et que l’organisation avait été considérablement fragilisée par «l’élimination de ses leaders spirituels et idéologiques».

Toujours vendredi, un haut responsable américain de la lutte antiterroriste a également assuré que le noyau central d’al-Qaida n’était vraisemblablement pas en mesure de réitérer des attentats comme ceux du 11 Septembre. Une attaque au moyen d’armes chimiques, biologiques ou utilisant de l’uranium appauvri est hautement improbable au cours de l’année qui vient, a en outre ajouté Robert Cardillo, directeur adjoint du renseignement national.

Cet affaiblissement d’al-Qaida, notamment en raison de l’élimination de ses cadres dans les frappes de drones américains au Pakistan, a débuté «au moins deux ans» avant la mort de son chef, selon un responsable du renseignement sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP.

Le loup solitaire, principal risque

Cependant, le réseau terroriste s’est entre-temps décentralisé, les franchises au Yémen, au Sahel, en Irak ou en Somalie restant plus que jamais actives. Les services de renseignement américains s’attendent à un «débat vigoureux» au sein de l’organisation entre les partisans d’attentats contre l’Occident et les partisans du jihad «local» dans les pays d’implantation des franchises.

En Europe et aux États-Unis, le principal risque est celui du «loup solitaire», comme le major Nidal Hassan, auteur de la tuerie de Fort Hood en 2009. «Des gens comme Merah, qui agissent seuls, qui acquièrent leurs armes dans leur coin, sont vraiment les cibles les plus difficiles à arrêter», a expliqué le même responsable antiterroriste.

Les États-Unis craignent aussi des attaques des branches locales d’al-Qaida contre les intérêts américains dans le monde, en particulier al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa) et la branche irakienne de l’organisation, qui pourrait profiter de l’instabilité en Syrie. Ils s’inquiètent moins, en revanche, des activités d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qu’ils voient davantage comme une organisation criminelle cherchant à se financer en enlevant des étrangers que comme une vraie menace terroriste.

Le président Barack Obama devait revenir sur ces questions au cours d’un entretien accordé à NBC et qui sera diffusé mercredi prochain. Pour l’occasion, le président américain a ouvert aux journalistes de la chaîne la« Situation Room» , la salle de crise sécurisée de la Maison-Blanche. Un «accès sans précédent», a assuré la chaîne NBC.

lefigaro.fr

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