François Hollande prépare son installation à l’Élysée

L’ancien premier secrétaire du PS, élu le 6 mai, succédera officiellement mardi à Nicolas Sarkozy.

La cérémonie sera sobre, comme l’a voulu François Hollande. Mardi, à 10 heures, l’ancien premier secrétaire du PS deviendra officiellement président de la République. C’est la fin de la période d’entre-deux où il était «président sans l’être», comme dit Manuel Valls, qui ajoute: «Tous les gestes et les mots étaient importants, il fallait réussir cette période».

Le président élu a donc veillé à être au travail dès le premier jour sans négliger les symboles: hommage à la culture, à François Mitterrand, adieux aux Corréziens… Lundi, il pourrait aller saluer les responsables socialistes réunis en conseil national à Paris. Pendant ce temps-là, en coulisses, la nouvelle équipe se prépare à s’installer à l’Élysée et gère la transition avec celle de Nicolas Sarkozy.

C’est Pierre Moscovici, ex-directeur de campagne, Nacer Meddah, ex-secrétaire général, et Pierre-René Lemas, futur pilier de l’équipe élyséenne, donné comme secrétaire général, qui ont piloté la passation de pouvoirs. Ils ont été constamment en contact avec Xavier Musca. Le secrétaire général «sortant» a informé Pierre Moscovici des dossiers urgents et les deux hommes ont évoqué les prochaines réunions du G8 et de l’Otan. Xavier Musca a aussi abordé les dossiers sensibles comme la situation au Moyen-Orient entre Israël et l’Iran. Pour l’intendance, c’est Christian Gravel, proche collaborateur d’Hollande, qui s’est chargé de régler les détails.

François Hollande recevra aussi mardi le «testament» de son prédécesseur. Dans ce testament, Nicolas Sarkozy couchera le nom de quelques collaborateurs dont il demande la nomination à des fonctions élevées. Parmi ceux-là, on cite le nom de Xavier Musca, mais aussi celui d’Olivier Colom, sherpa adjoint de la cellule diplomatique. Le cas de Xavier Musca sera un premier test pour François Hollande. L’ancien directeur du Trésor est candidat à la direction de la Caisse des dépôts. «Si Hollande choisit de nommer Xavier Musca, ce sera un symbole fort, une illustration de son esprit d’ouverture», note un proche de Nicolas Sarkozy.

Hommage à Marie ­Curie

L’ancien président laissera sa place à son successeur après le traditionnel tête-à-tête. Aquilino Morelle travaille sur le discours que prononcera ensuite le nouveau chef de l’État dans la salle des fêtes de l’Élysée. Les enfants de François Hollande ne seront pas présents. Certains d’entre eux fuient la médiatisation. Et il était hors de question qu’une partie seulement de la famille soit présente. Ils en ont discuté tous ensemble lors d’un dîner, cette semaine, chez Thomas Hollande. Le président élu, qui n’aime pas mélanger vie privée et vie publique, s’est satisfait de cette décision qui lui permet aussi de se démarquer de la cérémonie d’investiture de Nicolas Sarkozy en 2007.

François Hollande a pensé ensuite aux symboles qu’il voulait poser. Aussitôt ­investi, le nouveau chef de l’État rendra hommage à Jules Ferry puis à Marie ­Curie. Ensuite, en début d’après-midi, il prendra la direction de l’hôtel de ville de Paris où il sera reçu par le maire, Bertrand Delanoë. Ce sera l’occasion d’un bain de foule… au grand dam des élus UMP de la capitale. Enfin, François Hollande décollera de Paris en direction de Berlin où il s’entretiendra avec la chancelière Angela Merkel. Le bras de fer a commencé avec l’Allemagne pour obtenir une renégociation du traité budgétaire. François Hollande cherche un compromis sur le fond.

Entre-temps, le président aura nommé son premier ministre et son équipe élyséenne, autour de Pierre-René Lemas. Emmanuel Macron, l’un des jeunes conseillers de l’équipe de campagne, devrait être nommé secrétaire général adjoint. Paul Jean-Ortiz, qui officiait déjà auprès de Nicolas Sarkozy, devrait conserver son poste de conseiller diplomatique.

Jean-Pierre Jouyet, président de l’AMF et très proche de Hollande, ne devrait pas faire partie de l’équipe. Son nom est évoqué pour la Caisse des dépôts. À cause du calendrier international, il n’est pas sûr qu’un Conseil des ministres ait lieu cette semaine. Il faudra attendre un peu pour la diminution symbolique du traitement du président et des ministres, et pour le retour sous conditions de la retraite à 60 ans.

Nicolas Barotte (Le Figaro)

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