INTRANTS COTON :LES PREUVES DU SCANDALE

Le contrat signé par Sabaï Katé, et en attente d’approbation par le ministre de l’Economie et des finances (voir fac-similé 01, 02 et 03), attribue frauduleusement à la société Wabco une commande de 28 000 t d’engrais composé Npksb, et de 10 000 t d’engrais Urée pour un montant global de 13 933 200 000 F Cfa. A l’analyse, la signature du contrat révèle une surfacturation de plus de 1,7 milliard de francs Cfa maladroitement masquée par des faux. Alors que Wabco n’est pas adjudicataire de l’appel d’offres lancé pour les engrais coton, et adjugé depuis le 12 avril 2012, le contrat indique curieusement le 3 mai 2012 (voir fac-similé 01), comme date d’adjudication en faveur de Wabco. Le plus grave, est que la copie de l’offre financière de Wabco audit appel d’offres a été falsifiée pour servir de support à la surfacturation. En effet, l’offre financière de Wabco examinée lors du dépouillement public du 12 avril 2012, indiquait : Npksb : 358 000 F Cfa par tonne Cip Cotonou et Urée : 339 000 F Cfa par tonne Cip Cotonou. La copie de la même offre produite par Wabco en support au contrat signé par le ministre Katé indique (voir fac-similé 05) : Npksb, 379 400 F Cfa par tonne Cip magasin Sonapra /Cpv ; Urée : 331 000 f Cfa par tonne Cip magasin Sonapra /Cpv. Or, le prix d’adjudication obtenu au terme du processus de l’appel d’offres est : Npksb, 298 000 f Cfa par tonne caf port de Cotonou et Urée, 249 000 f Cfa par tonne caf port de Cotonou. De l’analyse de ce qui précède, il apparaît ce qui suit : le marché de gré à gré (de fait) signé par le ministre Katé avec le sieur Carrière comporte une surfacturation grossière marquée par l’incoterms Cip magasin Sonapra /Cpv. En effet, hormis la forfaiture du gré à gré, les prix à retenir au marché devraient être ceux de l’adjudication, soit : Npksb, 298 000 F Cfa par tonne livrée Port de Cotonou et Urée, 249 000 f Cfa par tonne livrée Port de Cotonou ; ou Npksb, 333 000 F Cfa par tonne livrée magasin Sonapra/Cpv dans les diverses communes cotonnières, et Urée, 284 000 f Cfa par tonne livrée magasin Sonapra /Cpv dans les diverses communes cotonnières. En effet, la livraison des engrais dans les magasins des coopératives cotonnières à l’intérieur du pays à partir du port de Cotonou, n’engendre que 35 000F Cfa par tonne en moyenne comme frais supplémentaires, conformément au barème de la structure des prix des intrants coton en vigueur au Bénin. Autrement dit, les prix à retenir au contrat de gré à gré pour livraison coopérative (Cip magasin Sonapra / Cpv) devraient être : Npksb : 333 000 au lieu de 379 400 F Cfa et Urée, 284 000 F Cfa au lieu de 331 000 F Cfa. Il est à signaler que le barème de la structure des prix pour la distribution des engrais aux cotonculteurs par les sociétés de distribution d’intrants coton, prévoit outre des frais portuaires de transports, d’autres charges telles que : frais du personnel, 2000 F Cfa par tonne ; frais bancaires et de crédit, 26 000 F Cfa par tonne ; fonctions critiques, 3200 F par tonne ; commission Organisation paysanne (Op), 2500 F Cfa par tonne et marge bénéficiaire des distributeurs, 9600 F Cfa par tonne. De toute évidence, la société Wabco retenue par le ministre Katé pour fournir la Sonapra, a usé de stratagèmes pour fixer des prix proches des prix de distribution subventionnés, alors que bon nombre d’éléments de la structure de prix ne le concernent pas. Wabco n’est pas concerné par le coût du crédit aux producteurs par exemple, la marge bénéficiaire des distributeurs (ou de la Sonapra), ainsi que la contribution aux fonctions critiques etc… sont autant d’éléments du barème que le ministre Katé n’a pas le droit de payer au sieur Carrière.

Un crime économique qui interpelle

De sources très bien introduites au ministère de l’Economie et des finances (Mef), les agents du ministre Jonas Gbian ne sont pas prêts à apporter leur caution à un scandale aussi gros. En effet, selon les financiers, les conditions de paiement faites à Wabco sont inédites (Fac-similé 04). En clair, elles sont contraires à celles du marché public en la matière. Tenez ! L’Etat béninois paie 30% d’avance à Wabco. Et dès que la société du sieur Carrière livre 30% du volume, le gouvernement de la Refondation lui paie 65% du montant total. En d’autres termes, la Sonapra n’aura même pas la totalité des intrants avant que le gouvernement du Bénin verse à Wabco 95% du montant total. C’est pourquoi des cadres du Mef affirment déjà sans ambages que dans ces conditions, c’est avec l’argent du budget national que Wabco va acheter les intrants et les livrer à la Sonapra. Aussi, ils sont réticents à cautionner le crime économique. Mais la question que tout le monde se pose est simple. Yayi Boni est-il informé ? Si oui, quelle a été sa réaction ? Sinon, que ferait-il après coup ? Dans tous les cas, les observateurs avertis du monde des affaires et du secteur coton soutiennent qu’avec ce contrat, le gouvernement n’est pas encore prêt à aider les cotonculteurs et à protéger les intérêts du Bénin. Le chantre de la Refondation est donc vivement interpellé.

Quotidien Le Matinal

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