L’UMP demande à Hollande de clarifier sa position sur l’Iran

Le déplacement, révélé par Le Figaro, de l’ancien premier ministre Michel Rocard en Iran vendredi, est la marque selon Jean-François Copé d’un manque d’autorité du nouveau président ou bien d’une diplomatie parallèle.

Qu’est allé faire Michel Rocard en Iran vendredi? Comme l’a révélé Le Figaro, l’ancien premier ministre s’est rendu à Téhéran pour une visite de trois jours, durant laquelle il a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, ainsi que le négociateur en charge du dossier nucléaire, Saïd Jalili. Était-il porteur d’un message de François Hollande? Non, a assuré samedi l’entourage du président élu, évoquant un «déplacement privé, une initiative personnelle», en aucun cas «une mission».

La réponse n’a pas suffi à Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, qui a sauté sur l’occasion pour réclamer au président élu «d’expliquer aux Français quelle politique il entend mener vis-à-vis de l’Iran». «Soit il s’agit d’une initiative purement personnelle. Elle traduit alors déjà l’absence d’autorité du président élu sur sa majorité», écrit le maire de Meaux dans un communiqué. «Soit François Hollande était informé de ce déplacement qui constitue une forme de diplomatie parallèle et de recours aux petites officines», poursuit-il. Dans ce cas, le responsable UMP «condamne fermement cette initiative», «la politique de la main tendue envers Téhéran (n’ayant) jamais apporté le moindre résultat».

«Rupture de la solidarité européenne»

Selon Jean-François Copé, «avant même sa prise de fonction, François Hollande envoie un double message négatif. Il incite le régime des mollahs à poursuivre ses manœuvres dilatoires tout en poursuivant son programme nucléaire. Par cette initiative unilatérale, il rompt une solidarité européenne exemplaire jusqu’alors». Depuis deux ans, la France a notamment été en pointe pour imposer des sanctions économiques internationales sévères contre l’Iran, soupçonné par les Occidentaux de chercher à se doter de l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil.

Dès l’élection de François Hollande, Téhéran avait dit son espoir que l’alternance ouvre «une nouvelle ère» dans les relations franco-iraniennes, mises à mal par la ligne dure du président sortant. Samedi, l’entourage du nouveau président a tenté de clarifier sa position sur le sujet: «L’Iran doit se conformer à ses obligations internationales et respecter les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies en cessant ses activités nucléaires sans finalité civile crédible».

Thomas Vampouille (Le Figaro)

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