Assemblée: La bataille pour le « perchoir » est engagée

Ségolène Royal est candidate à la présidence de l’Assemblée, mais Jack Lang et Jean Glavany sont aussi sur les rangs.

Ségolène Royal n’en fait plus mystère: elle sera bien candidate au «perchoir», c’est-à-dire à la présidence de l’Assemblée nationale, après les élections législatives des 10 et 17 juin. «Ce n’est pas une nomination. Il faut d’abord que je sois élue et il faut ensuite que les députés votent», a pris soin de rappeler jeudi sur BFMTV la présidente de la région Poitou-Charentes. L’entrée au gouvernement de Marylise Lebranchu, proche de Martine Aubry, est un obstacle de moins sur sa route puisque l’ancien questeur PS commençait à faire campagne pour le «perchoir».

La candidate à l’élection présidentielle de 2007, qui a fait activement campagne pour François Hollande en 2012 et qui n’a pas sollicité de portefeuille ministériel, s’est prévalue du soutien du chef de l’État et du premier ministre.

Le poste de président de l’Assemblée nationale, quatrième personnage de l’État dans l’ordre protocolaire, a toujours été convoité. Et puisque l’élection a lieu à bulletins secrets, on n’est jamais à l’abri d’une surprise. Si le groupe PS remporte la majorité des sièges à l’Assemblée, le «perchoir» reviendra à l’un des siens, qui sera désigné par un vote interne au groupe socialiste. «Ce serait un geste symbolique fort qu’elle devienne la première femme à présider l’Assemblée nationale», analyse un député PS. «Je voterai Royal parce qu’elle a mené une campagne présidentielle exemplaire, et qu’elle mérite cette fonction», déclare sans ambages François Loncle, député de l’Eure, qui n’a pourtant jamais été «royaliste».

Mais l’ancienne ministre, qui n’a pas voulu se représenter comme députée des Deux-Sèvres en 2007, doit d’abord redevenir députée. Elle brigue un mandat à La Rochelle (Charente-Maritime), où la défie le premier secrétaire fédéral du PS, Olivier Falorni.

Bras de fer

Au sein du groupe socialiste, d’autres candidatures au «perchoir» devraient voir le jour, celles de Jack Lang et de Jean Glavany notamment. L’ancien ministre de l’Éducation nationale a déjà engagé un bras de fer avec Ségolène Royal qui a critiqué les déclarations du nouveau ministre Vincent Peillon remettant en cause la semaine de quatre jours à l’école. «Je comprends mal que Ségolène Royal s’étonne de la confirmation (…) d’un engagement pris au cours de la campagne présidentielle», a lancé Jack Lang.

Lui-même candidat dans les Vosges, Lang n’a cependant guère de chance d’accéder au «perchoir», car les députés PS ne lui ont pas pardonné d’avoir été le seul socialiste à voter la réforme constitutionnelle de juillet 2008, adoptée à une seule voix de majorité. À l’époque, Jean-Marc Ayrault, qui présidait le groupe, indiquait qu’il s’était «mis lui-même en dehors du groupe». La candidature de Jean Glavany est beaucoup plus plausible. Le député des Hautes-Pyrénées a une solide expérience – il a été premier vice-président de l’Assemblée, président de la commission d’enquête sur l’utilisation des fonds publics en Corse – et un réseau de soutiens. «Le moment venu, il y aura sans doute au moins deux candidats. Mais l’heure n’est pas venue, commençons par gagner les législatives», explique Jean Glavany. Son candidat idéal? «Un élu expérimenté, qui fera vivre le Parlement de manière collective et pluraliste, en respectant l’opposition.»

lefigaro.fr

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