La croissance au menu du sommet du G8

Le sommet du G8 se concentre samedi 19 mai à Camp David (Etats-Unis) sur la crise de la dette dans la zone euro, un dossier qui divise les partisans de davantage de relance et ceux de la rigueur, sur fond de graves inquiétudes pour la Grèce.

Les dirigeants des huit pays les plus industrialisés et ceux de l’Union européenne (UE) se retrouvent à partir de 9 heures (13h00 GMT) dans la résidence de campagne des présidents américains à 100 km au nord-ouest de Washington, pour discuter d’emblée de «questions économiques et mondiales».

A quelques jours d’une rencontre européenne et au moment où la sortie de la Grèce de l’euro est ouvertement évoquée, le président Barack Obama, hôte à Camp David, a donné un signal net aux partisans d’une relance économique en Europe en recevant son homologue français François Hollande vendredi.

Barack Obama a assuré devant le nouveau président français que le G8 évoquerait «une approche responsable de l’austérité budgétaire, couplée à des mesures énergiques pour la croissance», une position sur laquelle François Hollande a fait campagne, et à rebours de la rigueur professée par la chancelière allemande Angela Merkel.

La Grèce inquiète les grands de ce monde

Candidat à un second mandat le 6 novembre, Barack Obama a mis en garde contre les effets néfastes des difficultés européennes sur la situation aux Etats-Unis où, même modeste, la croissance est revenue et le chômage a décru d’un point depuis août 2011.

«Il nous faut prendre des mesures pour la croissance tout en gardant le cap afin de remettre nos finances publiques en ordre. La stabilité et la croissance vont de pair», a observé vendredi soir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Les dirigeants devraient évoquer la situation de la Grèce, où la crise de la dette se double d’un blocage politique avec l’échec de la formation d’un gouvernement après les législatives du 6 mai qui n’ont permis à aucun parti d’obtenir la majorité. Les Grecs sont à nouveau appelés aux urnes le 17 juin.

Vendredi, François Hollande a assuré que Barack Obama et lui-même avaient «la même conviction que la Grèce doit rester dans la zone euro».

Après la situation économique, les dirigeants du G8 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Italie, France, Allemagne, Japon, Russie) et de l’UE vont se pencher successivement sur l’énergie, puis la sécurité alimentaire avec des dirigeants africains (Bénin, Ethiopie, Ghana et Tanzanie).

L’Afghanistan et l’Iran également au coeur des discussions

L’après-midi sera consacré à l’Afghanistan ainsi qu’aux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord après le «printemps arabe», particulièrement la Syrie.

L’Afghanistan doit aussi être le sujet dominant du sommet de l’Otan qui démarrera dimanche à Chicago dans la foulée du G8. A Camp David, Barack Obama doit s’exprimer face aux journalistes à 17h45 (21H45 GMT) avant de gagner Chicago.

Le G8 se déroule en l’absence du président russe Vladimir Poutine qui a délégué son prédécesseur et Premier ministre, Dmitri Medvedev, alors que Moscou, avec Pékin, a bloqué l’adoption de résolutions contre le régime syrien au Conseil de sécurité de l’ONU.

Les dix dirigeants, qui se sont retrouvés vendredi soir pour un dîner de travail à Camp David, ont effectué un tour d’horizon des sujets les plus brûlants de l’heure, dont le nucléaire iranien, avant la reprise des discussions de la République islamique avec le «groupe des six» à Bagdad.

Selon un haut responsable américain, les dirigeants ont insisté sur le fait que c’était à Téhéran de prendre des mesures concrètes pour démontrer le caractère pacifique de son programme.

Ce responsable, sous couvert de l’anonymat, a aussi affirmé que Moscou n’écartait pas une transition politique en Syrie, sans qu’il soit clair dans l’immédiat s’il s’agissait d’un changement de position de la Russie vis-à-vis de son allié Bachar al-Assad.

nouvelobs.com

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