Hypertension : les bienfaits de l’activité physique

Une pratique modérée réduit le risque de 26% chez les personnes génétiquement prédisposées.

L’hypertension artérielle est une histoire de famille. Lorsqu’un parent est hypertendu, les enfants multiplient par deux le risque de le devenir à leur tour. Il est cependant possible de conjurer le sort en pratiquant une activité physique régulière, selon les résultats d’une étude américaine publiée dans la revue Hypertension.

L’équipe du Dr Robin Shook de l’université de Caroline du Sud a suivi pendant cinq ans quelque 6000 personnes dont un tiers avait un parent hypertendu. Lorsque l’étude a commencé, tous les patients étaient en bonne santé et n’avaient signalé aucun diagnostic d’hypertension. Les chercheurs ont évalué leur niveau d’activité physique et ont suivi l’évolution de leur état de santé.

Sur les cinq ans, un quart de ces 6000 personnes sont devenues hypertendues. Mais, chez les sujets présentant des antécédents familiaux, le risque de développer cette pathologie diminue de 34 % lorsqu’ils font régulièrement de l’exercice physique. Pour l’ensemble des participants, une pratique intensive de remise en forme est associée à une baisse de 42 % du risque de développer une hypertension artérielle. Cette diminution est de 26 % en cas de pratique modérée.

Bonne nouvelle: il est inutile de passer des heures en salle de gymnastique pour escompter un bénéfice. «Les résultats de cette étude expriment un message très pratique: une quantité modérée et réaliste d’exercice – cela peut se traduire par environ deux heures de marche rapide chaque semaine – peut apporter un grand nombre de bienfaits, notamment chez les personnes prédisposées à développer un problème d’hypertension en raison de leurs antécédents familiaux», souligne le Dr Robin Shook.

«70 % des hypertendus ont plus de 60 ans»

L’étude montre également que les personnes sportives avec un antécédent familial d’hypertension voient leur risque d’hypertension augmenté de seulement 16 % par rapport aux sportifs sans antécédents familiaux.

En cas de prédisposition génétique à l’hypertension, la pratique d’un sport d’endurance apparaît donc comme un bon moyen de retarder l’entrée dans la maladie en préservant un peu plus longtemps la santé des artères. Car l’hypertension est un trouble du vieillissement: «70 % des hypertendus ont plus de 60 ans», rappelle le professeur Xavier Girerd, hypertensiologue à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris.

Cette maladie silencieuse, responsable de crises cardiaques ou d’accidents vasculaires cérébraux, touche 12 millions de Français. Le seuil retenu pour être considéré hypertendu est de 140/90 millimètres de mercure. «L’hypertension augmente de façon continue au-delà d’un certain seuil. On ne se réveille pas avec 16/11 du jour au lendemain», explique le professeur Jean-Jacques Mourad, président du Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle. «La pression va s’élever d’autant plus rapidement que la génétique et l’environnement sont défavorables.»

Pour le professeur Mourad, il est désormais primordial de sensibiliser les hommes de 40 ans dont la pression artérielle se situe dans les zones supérieures (13/8) sans être considérée comme pathologique. «Car c’est à cet âge que les hommes se sédentarisent, prennent du poids.» Or, la prise de poids entre 30 et 50 ans accélère l’apparition de la pression artérielle. À l’inverse, les hommes en surpoids qui perdent 5 kg en six mois, maintiennent cette perte de poids et pratiquent une activité d’endurance, diminuent de 65 % le risque de développer une hypertension dans les cinq à dix ans.

Trois fois par semaine

Autre avantage de l’activité sportive: elle agit directement sur les artères. «Le sport améliore la fonction de l’artère qui va rester jeune plus longtemps et, par conséquent, secréter moins de substances favorisant sa rigidité ainsi que les dépôts de cholestérol. Le sport diminue également l’activité du nerf sympathique qui augmente la fréquence cardiaque. Il accélère également le nerf vague impliqué, lui aussi, dans le ralentissement de la fréquence cardiaque», explique le professeur Claire Mounier Vehier, cardiologue au CHRU de Lille.

Pour assouplir les artères, les médecins recommandent une activité d’endurance (vélo, jogging, natation…) 20 à 40 minutes trois fois par semaine. Pour les femmes, à la ménopause, période critique pour l’apparition de l’hypertension, il est même conseillé de passer à 60 minutes trois fois par semaine… L’investissement, en temps, peut paraître lourd mais il se révèle payant. Car, une fois l’hypertension diagnostiquée, le traitement médicamenteux s’impose à vie. L’exercice physique sera plus que jamais conseillé pour aider à diminuer la pression artérielle, mais ne la fera pas disparaître.

lefigaro.fr

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Commentaires

  • Isa - Votre commantaire est en attente de modération. 18 août 2015 #1

    Haha, shouldn’t you be charging for that kind of kn?eewdglo!

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