Le «Mélenchon grec» en visite à l’Assemblée nationale

Le dirigeant de la coalition de gauche Syriza, Alexis Tsipras, est arrivé deuxième des législatives du 6 mai avec 16,8% des voix.

Lors de sa dernière visite à l’Assemblée, quelques semaines avant la présidentielle, avec d’autres représentants du Parti de la gauche européenne (PGE), le jeune Alexis Tsipras était un parfait inconnu en France. Seuls quelques journalistes spécialisés s’étaient déplacés pour entendre les leaders européens de la gauche radicale.

Lundi, l’atmosphère était tout autre, très chargée, pour accueillir le dirigeant de la coalition de gauche Syriza désormais qualifié en France de «Mélenchon grec». Seule différence avec l’ex-candidat du Front de gauche à la présidentielle, Alexis Tsipras est parvenu, lui, à bousculer l’équilibre à gauche en Grèce lors du scrutin du 6 mai en arrivant deuxième avec 16,8% des voix derrière la Nouvelle Démocratie. Il a aussi quadruplé son score par rapport aux dernières législatives de 2009. Et un sondage publié dimanche place son parti en tête pour les élections législatives du 17 juin, avec 28% d’intentions de vote.

Avec Jean-Luc Mélenchon, Alexis Tsipras partage le goût de la franche critique des socialistes. Devant son alter ego français, il a ainsi jugé que «si François Hollande ne tient pas ses promesses, il deviendra Hollandréou et la France deviendra la Grèce». Mélenchon a sans doute apprécié la reprise du «Hollandréou», une expression qu’il a «inventée» durant la présidentielle. Résultat, Tsipras, comme Mélenchon, est observé avec méfiance par les socialistes et n’a été reçu par aucun des membres du nouveau gouvernement. La critique est donc d’autant plus libre: «Si le peuple français a envoyé Sarkozy en vacances au Maroc, ce n’est pas pour que son remplaçant conduise la même politique.» Enfin, Alexis Tsipras, pas plus que Jean-Luc Mélenchon, ne porte Angela Merkel dans son cœur, la soupçonnant de vouloir organiser un référendum sur l’euro en Grèce, «un pays souverain». Avec un tel invité et une réunion publique à la clef lundi, le Front de gauche espérait bien booster sa campagne.

lefigaro.fr

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