Suspension du contrat du PVI /que valent les signatures des ministres béninois?

Le week-end écoulé a été riche en déclarations : la sortie médiatique des avocats de Bénin Control, la réaction du gouvernement par la voix du ministre chargé de l’Economie maritime. Dans cette bataille juridico-politique, nombre de voix s’élèvent pour demander aux signataires du contrat de rompre le silence.

Ce qui fait l’actualité depuis quelques semaines, est la suspension du contrat du Programme de vérification des importations de nouvelle génération (Pvi-Ng) qui lie la société Bénin Control à l’Etat béninois. Depuis lors, le gouvernement ne rate aucune occasion pour tenter de démontrer à la face du monde qu’il a eu raison de suspendre ce contrat pourtant apprécié en son temps. Mais, avec la sortie médiatique des avocats et certains responsables de Bénin Control pour dire leur part de vérité dans ce dossier, on a finalement compris les véritables intentions du gouvernement. En effet, dans sa réponse aux déclarations des avocats de Bénin Control, le ministre de l’Economie maritime, Valentin Djènontin a laissé entendre que le Chef de l’Etat n’a pas lu le contrat avant d’en signer le décret de mise en œuvre. Pour un contrat d’une si grande importance et qui concerne l’économie du pays, le Chef de l’Etat peut-il prétendre qu’il n’a pas lu avant d’apposer sa signature ? La question reste posée à qui de droit !

En tout cas, les déclarations du ministre Djènontin sous-entendent que le Président de la République a été trompé ou induit en erreur et on prépare déjà l’opinion publique à reconnaître les auteurs de cette situation. Il ne pouvait en être autrement car cela fait partie du mode de gouvernance Yayi. On a encore en mémoire l’affaire Icc-Services et consorts où le bouc émissaire a été trouvé en la personne de l’ancien ministre de l’Intérieur, Armand Zinzindohoué et l’affaire Cen-Sad où l’ancien ministre des Finances, Soulé Mana Lawani a été porté pour responsable. Pour le cas d’espèce, ce sont trois ministres du gouvernement Yayi qui ont signé le 09 février 2011, le contrat de marché No 20/MEF/MPDEPP/CAB/ MDCEMTMIP/DNCMP relatif à la mise en place du Pvi-Ng, contrat qui a pris en compte les divers points d’accord auxquels les deux parties sont parvenues à l’issue de deux jours de négociation, les 03 et 04 janvier 2011. Et ces trois ministres ont noms Pascal Iréné Koupaki, ministre du Développement et de la prospective au moment de la signature et actuel Premier ministre, Idriss Daouda et Issa Badarou Soulé, respectivement ministre de l’Economie et des finances et ministre de l’Economie maritime à l’époque. Le moment est donc venu d’interpeller la conscience de ces ministres qui ont apposé leur signature au bas du contrat querellé. Qu’ils sortent de leur mutisme et de ce qu’ils appellent » obligation de réserve » pour enfin dire leur part de vérité dans ce dossier

. C’est vrai que le Premier ministre, par solidarité gouvernementale, ne peut rien même s’il a envie d’éclairer la lanterne des uns et des autres. Mais, les deux personnalités qui sont sorties du gouvernement depuis environ un an doivent s’exprimer, car beaucoup de choses sont dites sur leur compte. Il y va de leur honneur, de leur crédibilité et de la crédibilité même du Bénin. Car, en refusant de parler, plus aucun investisseur ne pourra faire confiance à un tel Etat où des ministres signent un jour un document dont le Chef de l’Etat conteste l’authenticité le jour d’après.

Edgar Gnimavo Quotidien Adjinakou

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Commentaires

  • Pereteli - Votre commantaire est en attente de modération. 19 août 2015 #1

    Merci pour vos commentaires, je pre9vois treiavllar sur l’affiche cette semaine et annoncer les dates de spectacles de8s que j’aurai mon mate9riel promotionnel (c’est l’affiche e7a!).C’est e9videmment l’affiche no.2 qui retient l’attention et j’aimerais la peaufiner un peu plus. c0 bientf4t et encore merci.Marc-Andre9

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