La France et l’Allemagne s’opposent sur les eurobonds

Au terme de son premier sommet européen, François Hollande a constaté l’opposition de l’Allemagne au projet d’obligations mutuelles européennes. Son pacte de croissance pourrait être adopté cet été.

Au bout de son premier sommet européen, François Hollande a fait cette nuit le pari que son «pacte de croissance» pourrait voir le jour au début de l’été «si l’Europe fait son travail». Mais après cinq heures de discussions, le président de la République a dû reconnaître aussi l’opposition de plusieurs pays, dont l’Allemagne, à son projet phare: les eurobonds.

«Il y a une différence, je l’admets, et le débat ne pouvait pas être tranché ce soir. Pour l’Allemagne, les eurobonds sont un point d’aboutissement ; pour nous Français, c’est un point de départ, a-t-il dit. Le Conseil européen va continuer à travailler et à chercher le compromis.» La France, dit-il, a encore «un travail de conviction à mener».

Pour la première fois, François Hollande a précisé à ses pairs comment il compte utiliser les eurobonds pour relancer l’investissement et donc la croissance. Comme la chancelière allemande, le chef de l’Etat juge «inacceptable» de mutualiser au niveau européen les dettes héritées du passé. «Ce n’est pas du tout ma conception», a-t-il insisté. En revanche, et contrairement à Berlin, il envisage une garantie commune sur des emprunts nouveaux qui permettraient à un pays comme l’Espagne de s’endetter à des taux réduits (au lieu de 6% aujourd’hui) et de les rapprocher de ceux de l’Allemagne (0%).

Un moyen de financer des chantiers d’investissements

Après modification des traités, Hollande voit aussi dans des émissions communes une possibilité pour les pays de l’Union européenne de financer de grands chantiers d’investissements dans l’énergie et les nouvelles technologies. Elles viendraient compléter les ressources tirées d’une taxe généralisée sur les transactions financières, outil plus facile à mettre en œuvre et auquel il a réaffirmé son attachement.

Sur le plan de la méthode, la France s’affiche pour une solidarité accrue dans l’UE et pour des ambitions politiques fortes, là où l’Allemagne insiste avant tout sur le respect des règles établies. C’est vrai pour les eurobonds, c’est vrai pour la discipline budgétaire, c’est vrai dans l’urgence pour la Grèce: «Je plaide pour que des fonds européens puissent être mobilisés dans un délai très court, dit-il. Les Grecs doivent retrouver confiance dans la solidarité des pays de la zone euro.» Sans quoi, laisse-t-il entendre, les électeurs risquent de choisir la voie du populisme.

Le président de la République a reconnu l’existence de scénarios de rupture entre la Grèce et la monnaie commune, mais il refuse de s’inscrire dans ce cas de figure: «Si je me mettais à en parler publiquement, cela serait envoyer un mauvais signal aux Grecs et aux marchés. Je préfère me placer dans le scénario où le pays reste dans la zone euro.»

À l’issue de leur sommet, les Vingt-Sept ont affirmé leur «volonté que la Grèce reste dans la zone euro, tout en respectant ses engagements» de redressement budgétaire. Mettant en balance les efforts «importants» déjà acceptés par les Grecs et la «solidarité considérable» offerte par leurs partenaires, ils disent leur espoir que le gouvernement sorti des urnes le 17 juin poursuivra dans la même voie.

lefigaro.fr

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