Hollande et Cameron veulent accroître la pression sur Assad

Les deux dirigeants souhaitent réunir le groupe des Amis du peuple syrien à Paris. Après le massacre de Houla de vendredi et l’offensive qui a fait au moins 41 morts dimanche à Hama, la trêve négociée par Kofi Annan semble sérieusement mise à mal.

• Rappel à l’ordre franco-anglais

Trois jours après le massacre de Houla, et alors que les violences se poursuivent en Syrie, François Hollande et David Cameron ont convenu lundi «d’agir ensemble pour accroître la pression» sur Bachar el-Assad. A l’issue d’un entretien téléphonique, les deux dirigeants ont demandé la fin de la «sanglante répression contre le peuple syrien qui aspire à la liberté et à la démocratie». «La folie meurtrière du régime de Damas représente une menace pour la sécurité régionale et ses responsables devront répondre de leurs actes», prévient l’Elysée dans un communiqué. François Hollande et David Cameron ont confirmé la prochaine tenue à Paris de la conférence «des Amis du peuple syrien». Il s’agira de la troisième après Tunis en février et Istanbul en mars. François Hollande pourrait évoquer le dossier syrien lors d’un dîner de travail prévu vendredi à l’Elysée avec le président russe Vladimir Poutine.

• Les violences se poursuivent malgré la condamnation de l’ONU

Au moins quarante-et-une personnes sont mortes dimanche à Hama, dans le centre de la Syrie, dont sept enfants de moins de 16 ans, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Des images insoutenables publiées sur YouTube par l’opposition syrienne montrent des corps décharnés, des enfants gisant dans leur sang.

Cette nouvelle offensive est intervenue alors qu’au même moment, le Conseil de sécurité de l’ONU condamnait «dans les termes les plus fermes possibles» le gouvernement syrien pour le massacre de Houla survenu dans la nuit de vendredi à samedi dans lequel 108 personnes ont été tuées. Ces violences sont les pires depuis l’entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan de l’émissaire international Kofi Annan.

Les 15 pays membres du Conseil, y compris la Russie pourtant alliée de la Syrie, ont indiqué que les attaques «impliquaient une série de bombardements par les tanks et l’artillerie gouvernementale contre un quartier résidentiel», dans une déclaration commune qui demande à Bachar el-Assad de retirer les armes lourdes de toutes les villes syriennes. Les Frères musulmans égyptiens ont pour leur part appelé lundi les pays arabes et les puissances occidentales à intervenir en Syrie.

• Annan rencontre el-Assad mardi

Kofi Annan est arrivé lundi midi à Damas pour sa deuxième visite dans le pays en trois mois de mandat du médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe. «Je suis personnellement choqué et horrifié par les événements tragiques d’il y a deux jours», a-t-il déclaré à son arrivée. «C’était un acte répugnant, aux conséquences profondes», a-t-il ajouté. L’émissaire de l’ONU doit rencontrer lundi le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem et être reçu mardi par Bachar el-Assad, selon un responsable sous le couvert de l’anonymat. Il rencontrera également «des représentants de l’opposition et de la société civile» et le général Robert Mood, chef de la mission des observateurs en Syrie.

Après sa première visite le 10 mars, l’émissaire de l’ONU avait obtenu un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant notamment un cessez-le-feu, un retrait des armes lourdes des villes et l’ouverture d’un dialogue politique. Ce plan a été sérieusement mis à mal par le massacre perpétré à Houla. Après l’Armée syrienne libre (ASL, rebelles), le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé le peuple syrien à prendre les armes si la communauté internationale n’intervient pas.

• Moscou et Téhéran soutiennent toujours le régime syrien

Si la Russie s’est associée au texte dénonçant le massacre de Houla, elle défend toujours le régime syrien. Moscou estime que les «deux parties», armée régulière syrienne et opposition, ont pris part au massacre de Houla. «Nous sommes là dans une situation où manifestement les deux parties ont participé», a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères à l’issue d’entretiens avec son homologue britannique. Pourtant, selon le New York Times Barack Obama compterait s’allier à la Russie pour travailler à une sortie de crise.

L’Iran, partenaire de Damas, estime que le massacre de Houla est un acte destiné à répandre le chaos et l’instabilité en Syrie. «L’attaque a été commise afin de créer le chaos et l’instabilité en Syrie et ses auteurs tentent de bloquer le chemin vers une résolution pacifique (de la situation)», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien. Le Parlement iranien a pour sa part condamné les États-Unis et leurs alliés occidentaux, accusés d’armer et de former des «terroristes» en Syrie, a rapporté l’agence de presse officielle de la République islamique.

Le régime syrien a réfuté «totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants» et suspecte des «terroristes». Damas a annoncé la création d’une commission d’enquête conjointe de l’armée et de la justice sur ces violences, la commission doit publier ses conclusions dans trois jours.

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans Actualités, International, Politique, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir