Benoît XVI tente de désamorcer la crise au Vatican

Le Pape s’est exprimé pour la première fois sur l’affaire des fuites de documents qui secoue le Saint-Siège.

Benoît XVI est descendu dans l’arène. Mercredi, place Saint-Pierre, il a prolongé de façon imprévue l’audience hebdomadaire par une mise au point au sujet de la crise que traverse le Vatican. Il a tout d’abord renouvelé la confiance en ses plus proches collaborateurs: «Je désire renouveler ma confiance et mon encouragement à mes plus proches collaborateurs et à tous ceux qui, quotidiennement et dans la fidélité, l’esprit de sacrifice et le silence, m’aident dans l’accomplissement de mon ministère.» Il a ensuite aussi critiqué la couverture médiatique de ces événements: «Des insinuations totalement gratuites, amplifiées par certains médias, sont allées bien au-delà des faits, a déploré le Pape, offrant une image du Saint-Siège qui ne correspond pas à la réalité.»

Contre-attaque

Le visage beaucoup plus détendu que dimanche dernier le Pape a aussi témoigné de sa «tristesse» après les fuites de lettres confidentielles – publiées la semaine dernière dans l’ouvrage du journaliste Gianluigi Nuzzi – et qui ont conduit à l’arrestation du majordome pontifical, Paolo Gabriele.

Cherchant à retourner la situation, il a fait part de sa «ferme certitude que, malgré la faiblesse de l’homme, les difficultés et les épreuves, l’Église était guidée par l’Esprit-Saint». «Le Seigneur, a-t-il insisté, ne lui fera jamais manquer de son aide pour la soutenir sur son chemin.»

Ce message faisait suite à une longue méditation, délivrée pendant l’audience générale, sur le même thème: les «tribulations» vécues par l’apôtre Paul. Ce dernier n’a «jamais cédé au découragement», malgré les «infidélités» et les «reniements» des hommes. «Notre vie, a alors montré le Pape devant plus de 150 000 fidèles, et notre cheminement chrétien sont souvent marqués par des difficultés, des incompréhensions, des souffrances.»

Cette contre-attaque de Benoît XVI intervient après une semaine de trouble profond. Car la fuite a été ressentie à Rome comme un véritable «vol». Si l’enquête bat son plein pour continuer de démasquer les complices du majordome, le titre de «une» de l’Osservatore Romano de mercredi – «les papiers volés du Pape» – témoigne de cet état d’esprit.

Le n° 3 du Saint-Siège, Mgr Angelo Becciu, y explique que «les papiers volés dans la maison du Pape ne sont pas simplement des correspondances privées mais des informations» qu’il avait reçues «uniquement en raison de son ministère particulier». Si le Pape est donc «aussi touché» c’est «pour la violence subie par les auteurs de ces lettres» qui lui ont écrit en toute confiance. «Je considère, prévient Mgr Becciu, que la publication de ces lettres volées est un acte immoral d’une gravité inouïe.»

Jean-Marie Guénois (Le Figaro)

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