Le complot pour remplacer Charles par William

La presse britannique soulève l’hypothèse selon laquelle le prince de Galles devrait céder la place à son fils William, dont la popularité est au plus haut depuis son mariage glamour, en 2011.

Le prince Charles trépigne. S’il fait bonne figure dans les célébrations des soixante ans de règne de sa mère, le fils aîné d’Elizabeth II est d’ores et déjà l’héritier du trône qui a le plus attendu de l’histoire de la lignée britannique – après avoir détrôné, si l’on peut dire, son aïeul Edouard VII, en 2008. Émouvant lorsqu’il raconte sur la BBC ses souvenirs de sa «mama» s’entraînant à porter la couronne lorsqu’elle lui donnait son bain à Buckingham avant son couronnement (il avait 4 ans), il ronge son frein.

À 86 ans, la reine se porte à merveille et promet à ses sujets de continuer à régner «pour de nombreuses années à venir». Sa propre mère a vécu 101 ans, sa grand-mère 85 ans. Le mot «abdication» est tabou à la cour d’Elizabeth, qui ne s’y résoudra qu’en cas de grande incapacité physique ou mentale. À l’âge où le commun des mortels se prépare à prendre sa retraite, le prince de Galles, lui, est toujours en formation. Parmi ses 21 prédécesseurs, seulement 14 sont devenus rois.

Comme si cela ne suffisait pas, l’éternel «stagiaire», comme il est parfois surnommé, voit son fils aîné lui faire de l’ombre. Depuis son mariage glamour l’an dernier, le prince William apparaît aux yeux de certains comme une alternative moderne et séduisante à l’ordre établi.

Le prince William accompagné de sa femme, Catherine, duchesse de Cambridge,<br/>et de son frère le prince Harry, s'apprête à embarquer sur le <i>Spirit of Chartwell,</i> dimanche à Londres.

Cette hypothèse inventée par la presse séduit une partie du public: selon un sondage ComRes, 42 % des Britanniques pensent que Charles devrait céder la place à William, même si une majorité de 44 % y sont hostiles. Plus inquiétant, 53 % des moins de 34 ans votent pour le duc de Cambridge. À ceci près que la monarchie est le contraire d’une élection – cette idée farfelue n’a donc aucune chance de se concrétiser.

«Si on se met à choisir, pourquoi pas une république? On accepte le système tel qu’il fonctionne», rappelle Roger Hardman, biographe d’Elizabeth II. «La monarchie n’est pas un concours de popularité, renchérit Robert Jobson, commentateur royal patenté. Si Charles survit à sa mère, il sera le prochain roi et le prince William ne voudrait certainement pas lui passer devant. Charles a assez attendu, il veut le job, ne serait-ce que pour six mois.»

«Survivance féodale»

Cette question, soulevée de façon un peu légère par les magazines people, touche néanmoins aux fondements même de l’institution. Dans l’incertitude qu’elle contient, la succession risque d’une manière ou d’une autre de remettre en cause la monarchie britannique telle qu’on la connaît après six décennies de stabilité sous Elizabeth II.

«Charles a été très impopulaire durant les malheurs de Diana, il est désormais toléré avec plaisir mais ne jouit pas de la même affection que sa mère», note Roger Mortimore, spécialiste des études sur la maison royale chez le sondeur Ipsos Mori. Personne ne peut prédire quel type de roi il sera. Et son avènement sera immanquablement l’occasion de réflexions sur le système.

L’Australie a déjà laissé entendre qu’elle se poserait la question de sa transformation en république après la disparition d’Elizabeth II. D’autres pays du Commonwealth pourraient en faire autant – la Jamaïque a même lancé le processus cette année. Les républicains, qui organisaient dimanche une petite manifestation à Tower Bridge à l’arrivée du défilé de la procession navale royale, attendent leur heure.

«Le problème n’est pas la personnalité de la reine elle-même, plutôt inoffensive et gentille, bien que terne et ennuyeuse, c’est cette survivance féodale incompatible avec la démocratie, peste Peter Tatchell, Australo-Britannique militant des droits de l’homme antimonarchiste. Pourquoi l’héritier le plus stupide ou immoral serait-il mieux qualifié que le plus sage et éthique des citoyens?» Les partisans du changement de régime plaident pour l’instauration d’une république low-cost avec un chef de l’État purement représentatif, comme en Irlande.

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans A-La-Une, Actualités, International, Photos, avec comme mot(s)-clef(s) , , . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Commentaires

  • Jerzy - Votre commantaire est en attente de modération. 18 août 2015 #1

    Manhattan Beach Momma Skip to content HomeContact MeSocial Media & Traffic StatsWho is Manhattan Beach Momma? Ultimate Puppy Championship Marley & Me: The Puppy Years

Réagir