Plombée  par sa défaite, Royal peut-elle rebondir ?

Ayrault et le PS tentent de trouver un poste la hauteur de l’ex-candidate.

Après l’opération ratée «Il faut sauver le soldat Royal», un nouveau casse-tête se pose au PS: que faire du soldat Royal? Lors d’une réunion avec des ministres, dimanche à Matignon, Jean-Marc Ayrault est longuement revenu sur le sujet. «Il faut trouver quelque chose pour Ségolène», a insisté le chef du gouvernement qui a jugé «profondément injuste» la situation de la présidente de Poitou-Charentes, sévèrement battue par un socialiste dissident, alors qu’une vague rose a porté à l’Assemblée 314 députés PS-PRG-RDC.

Sous le choc de sa défaite, Royal ne se dévoile pas. «Je me donne le temps de la réflexion», a-t-elle répété lundi à La Rochelle, où elle a déjeuné avec le maire, Maxime Bono. «Il ne faut jamais se laisser abattre par les trahisons et les méchancetés (…) Ma détermination reste intacte», a-t-elle ajouté. Elle a reconnu que cette défaite était un «coup d’arrêt», un «amarrage dur à vivre» qui ne l’abattait «absolument pas». «Il faut que je reprenne un autre chemin», a-t-elle résumé tentant de faire bonne figure. Mais dimanche soir, dans le jardin ensoleillé du Musée d’histoire naturelle, où était installé son QG, Royal laissait entendre combien il était «dur» d’encaisser cette «épreuve de plus».

Rue de Solferino, on redouble d’imagination pour «Ségolène», à qui l’on promet la présidence de l’Association des régions de France ou celle de l’Internationale socialiste, si Georges Papandréou n’est pas réélu à la fin de l’été. «Ce serait un poste prestigieux, une tribune internationale», veut croire un dirigeant PS. Briguer la succession de Martine Aubry à la tête du parti, au congrès d’octobre, fait également partie des possibilités pour Ségolène Royal, qui «n’exclut rien». Mais au PS, cette hypothèse paraît peu vraisemblable. «On ne sait jamais, mais je ne pense pas qu’elle ait la tête à ça», veut croire un haut dirigeant socialiste. «Ségolène est très affaiblie par la séquence, renchérit un député PS. Son score est sans appel. C’est aussi le résultat d’un manque de lucidité de sa part. Elle n’est pas en situation de prendre la tête du PS.»

Une entrée au gouvernement apparaît en outre exclue. «Ce n’est pas son souhait», croit savoir une ministre. «Elle veut prendre le temps de reconstituer ses forces après l’épreuve», temporise son ex-porte-parole pendant la primaire PS, le député Guillaume Garot. «Humainement, c’est très dur pour elle. Elle a vécu une campagne d’une rare violence.»

Le soutien sans faille d’Aubry

Affectés par la défaite de La Rochelle, les proches de l’ex-candidate de 2007 veulent croire que rien n’arrêtera leur championne. «C’est une combattante», résume une ministre, qui se dit persuadée que Ségolène Royal trouvera «un rôle à sa hauteur». «C’est un paradoxe, résume un proche. Elle a perdu alors que sa popularité n’a jamais été aussi haute sur le plan national.» Guillaume Garot prévient toutefois: «Il faut que chacun puisse trouver sa place dans le dispositif. Le président aura besoin de tout le monde. Chacun doit se sentir bien, reconnu, respecté.»

La présidente de Poitou-Charentes devrait être attentive au sort de ses proches, notamment dans l’attribution des postes à l’Assemblée. Garot devrait quant à lui briguer la tête de la commission de la défense. De son côté, Martine Aubry a redit, dès dimanche, que la voix de l’ex-candidate était une «voix qui compte». La maire de Lille n’a pas ménagé sa peine pour venir en aide à Royal, notamment entre les deux tours. L’entourage de Royal n’a pas de mots assez doux pour évoquer l’attitude «impeccable» de la première secrétaire, notamment depuis l’affaire Trierweiler (c’est Martine Aubry qui a prévenu Ségolène Royal du tweet de soutien à Olivier Falorni). Certains imaginent même un rapprochement entre les deux femmes qui se trouveront bientôt dans une situation similaire si Aubry quitte la tête du parti: hors du dispositif présidentiel et repliées sur leurs ancrages locaux. «Elles sont dans le même bateau, elles ont des intérêts communs», résume un dirigeant socialiste.

Quant à François Hollande, il voit s’éloigner de la scène nationale deux de ses rivales de la primaire PS. «Ségolène en dehors de l’Assemblée, Martine en dehors du parti, et Trierweiler qui ne va plus tweeter pendant un bon moment: cet épisode dégage le terrain de François», sourit un dirigeant PS.

Le cas Falorni à l’Assemblée

Olivier Falorni, tombeur  de Ségolène Royal, sera-t-il pestiféré à l’Assemblée?  La première secrétaire du PS, Martine Aubry, l’a dit tout de go dimanche: «Falorni n’est plus socialiste et il ne sera pas dans  le groupe socialiste.» «On ne peut pas être élu avec les voix  de la droite sans avoir respecté les règles minimales de son parti et ensuite se réclamer de ce même parti», a-t-elle expliqué. D’autres sont apparus moins définitifs au cours de la soirée électorale. Le député Bruno Le Roux, qui rêve de présider  le groupe PS à l’Assemblée,  a jugé que «pour l’instant,  il ne peut y avoir de réintégration automatique (de Falorni) dans  le groupe». «Mais le problème se posera, car il s’est toujours revendiqué du PS», a-t-il toutefois ajouté.

lefigaro.fr

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