La zone euro valide l’union bancaire et la croissance

Les Européens vont se doter d’un mécanisme unique de supervision financière. Le fonds de secours pourra recapitaliser les banques en direct sous conditions et acheter des titres de dettes d’État. Le «pacte de croissance» à 120 milliards d’euros est adopté.

Les marchés vont pouvoir souffler. À l’issue du sommet européen, les membres de la zone euro ont décidé de créer un mécanisme qui permettra de recapitaliser les banques directement via son fonds de secours, sous certaines conditions. «Quand ce sera prêt, le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra avoir la possibilité de recapitaliser directement les banques», a déclaré Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Dans ce mécanisme unique de supervision financière, «la Banque centrale européenne jouera pleinement son rôle», a précisé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.

Autre mesure d’urgence destinée à calmer les marchés: les fonds de sauvetage pourront plus facilement racheter des titres de dettes souveraines sur les marchés. L’objectif est de «rassurer les marchés et d’obtenir de la stabilité sur les obligations souveraines de ses membres», a ajouté Herman Van Rompuy.

Aide sous conditions

Pour bénéficier de ces programmes d’achat d’obligations, les pays devront remplir des conditions que la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) devra vérifier, a précisé la chancelière allemande, Angela Merkel. «Le rapport national sera présenté à la Commission et, sur cette base, nous conclurons un protocole d’accord dans lequel figurera un calendrier», a-t-elle précisé.

Les pays qui demandent de l’aide doivent se conformer aux recommandations de Bruxelles, a ajouté le vice-président de la Commission européenne, Joaquin Almunia: «Si un pays reçoit des recommandations (…) et a besoin d’une aide pour ses banques ou son système financier, il est logique que la première chose examinée soit la manière dont il s’est conformé aux conditions.»

Après ces annonces, l’Italie n’a pas caché sa satisfaction. «À la demande de l’Italie a été introduit, après une longue discussion, un paragraphe (…) pour des mécanismes de stabilisation des marchés pour les États qui respectent les recommandations faites à leur pays ainsi que le pacte de stabilité», et qui peinent malgré tout à se financer sur les marchés en raison de taux prohibitifs, a déclaré le président du Conseil italien, Mario Monti. Il estime ainsi que l’accord est «très important pour l’avenir de l’Union européenne et de la zone euro».

Les marchés sont soulagés

L’Italie s’était allié à l’Espagne pour convaincre l’Eurogroupe d’adopter ces mesures d’urgence et ainsi lutter contre l’envolée de leur taux d’intérêt. Les deux pays avaient ainsi conditionné l’adoption du pacte de croissance à la signature de ces mesures. Après avoir obtenu gain de cause, ces derniers ont donné leur feu vert à l’adoption du «pacte de croissance». «Nous nous sommes mis d’accord pour améliorer le financement de l’économie à hauteur de 120 milliards d’euros pour des mesures immédiates de croissance», a déclaré le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy. Cela correspond peu ou prou à 1 % du produit intérieur brut (PIB) de l’Union européenne.

Les mesures annoncées ont apaisé les marchés asiatiques. L’indice de la Bourse de Tokyo qui avait débuté la séance en repli a inversé sa tendance après ces annonces. Dans le même temps, l’euro a bondi. La monnaie unique est passée de 1,2439 à 1,2626 dollar et à 100,20 yens contre 98,50 yens deux heures auparavant.

lefigaro.fr

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