L’Eurogroupe s’accorde sur un plan d’aide à l’Espagne

Le pays recevra dès la fin du mois un premier versement de 30 milliards d’euros pour recapitaliser ses banques. Les ministres des Finances de la zone euro ont reconduit Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe.

Pressés par les marchés, les ministres des Finances de la zone euro ont bouclé plusieurs dossiers dans la nuit. Au terme d’une réunion de neuf heures à Bruxelles, l’Eurogroupe a trouvé un accord sur un plan d’aide en faveur de l’Espagne. Étranglé par des taux d’intérêt prohibitifs -le taux espagnol à 10 ans est repassé au-dessus des 7% hier-, le pays recevra dès la fin du mois un premier versement de 30 milliards d’euros, premier volet d’un prêt pouvant atteindre 100 milliards d’euros destiné à renflouer les banques espagnoles. «Nous sommes parvenus à un accord politique sur un projet de mémorandum» concernant l’aide aux banques espagnoles, a annoncé le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker. Le but est de «formaliser l’accord dans la seconde partie du mois» à l’occasion d’une nouvelle réunion de l’Eurogroupe qui aura lieu le 20 juillet, et qui vise à fixer la maturité des prêts à l’Espagne, potentiellement «jusqu’à quinze ans» mais de «douze ans et demi en moyenne». De son côté, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a précisé que l’aide se fera sous conditions et notamment «une régulation forte concernant la limitation des salaires des dirigeants» des banques.

Parallèlement, les 27 s’apprêtent à donner de l’oxygène au pays en lui accordant un délai supplémentaire d’un an, jusqu’en 2014, pour ramener son déficit public à 3% du produit intérieur brut (PIB). En échange, Madrid devra présenter d’ici à la fin du mois un plan d’ajustement pour 2013 et 2014, souligne Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques. Ce dernier souligne en outre que le pays devra parvenir à un déficit public de 6,3% cette année, 4,5% en 2013 et 2,8% en 2014.

Les ministres des Finances ont pris une autre décision très attendue: ils ont reconduit Jean-Claude Juncker pour un nouveau mandat théorique de deux ans et demi à la tête de l’Eurogroupe. Les ministres des Finances ont aussi proposé de nommer un autre Luxembourgeois, Yves Mersch, au sein du directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Ce choix doit être entériné formellement aujourd’hui par les ministres des Finances de l’ensemble des vingt-sept pays de l’Union européenne. L’examen des situations de la Grèce et de Chypre figure également à l’agenda des ministres.

lefigaro.fr

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