Présidence de la République du Bénin: Yayi et Patrice Talon face à face hier

Visiblement, Boni Yayi cherche à recoller les morceaux après la cascade de réactions qui a suivi sa sortie médiatique du premier août dernier. 24 heures après sa rencontre avec Sebastien Ajavon, le chef de l’Etat a reçu dans la nuit de ce Jeudi 9 Août 2012 l’homme d’affaires Patrice Talon. Au delà de la déclaration laconique d’un responsable de la FOGECA, à la fin de la rencontre, l’absence d’une déclaration solennelle des principaux protagonistes nourrit la conjecture et fait dire que la voie qui mène à l’apaisement sera longue.

Finalement le linge sale ne se lave plus en famille. Finalement c’est une initiative panafricaine, le forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence économique en Afrique (FOGECA) qui aura contribué à trouver un créneau pour redonner sa place au dialogue entre le President de la République du Bénin et ses compatriotes parmi les plus illustres avec lesquels il avait maille à partir. Vingt-quatre heures après avoir discuté pendant 3 heures avec le patron des patrons et administrateur de cajaf-comon, Sebastien Ajavon qu’il a accusé de fraude fiscale, le chef de l’Etat a reçu longuement Patrice Talon, le magnat du coton dont le partenariat avec le régime a tourné court depuis la suspension unilatérale du contrat lié au Pvi.

Le poids du clergé

Patrice Talon est Parti hier de Paris à 13h50 de l’aéroport Charles de Gaulle (CDG) en France, à bord du vol Air-France n°AF804 qui a atterri à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou vers 19h5. Il a mis le cap sur le palais de la Marina où l’attendait le chef de l’Etat, le président Boni Yayi. En présence donc des membres de son cabinet, de quelques membres de son gouvernement et de la délégation des opérateurs économiques africains, le président Boni Yayi a donc reçu son » cher ami » Patrice Talon, comme il aimait l’appeler.

Apres plus de cinq heures d’entretien, pas grand chose à se mettre sous la dent, si ce n’est une déclaration laconique du représentant du forum des opérateurs pour la garantie de l’émergence économique en Afrique (FOGECA) qui a réitéré l’importance de la contribution de tous à la consolidation de la marche du Bénin sur la route du développement. Néanmoins, il parait important de souligner que la rencontre a été rendue possible non seulement par la médiation du Focéga mais aussi et surtout par l’intervention du clergé béninois qui aura réussi à convaincre l’homme d’affaires de l’importance du dialogue après plusieurs jours de négociation.

Dans le rétroviseur

Est-il besoin de le rappeler, les divergences entre les deux hommes, pourtant très alliés dans un passé récent sont parties de la suspension unilatérale du contrat Pvi entre l’Etat béninois et la société Bénin control de l’homme d’affaire. Alors que la chose était dénoncée et défendue aussi bien des avocats de la société que par les travailleurs de la société, sans compter les acteurs politiques et même de la société civile, Patrice Talon sera gardé à vue au commissariat central de Cotonou dans une sombre affaire de douze milliards opposant la société Sdi dont il est l’administrateur au gouvernement béninois. L’homme d’affaires qui avait le monopole des engrais et des insecticides nécessaires pour la production du coton au Bénin se verra également retirer arbitrairement et sans aucun procès toutes ses prérogatives et marchandises …

Autant de faits donc qui ont amené plusieurs observateurs de la vie socioéconomique de notre pays à conclure qu’il s’organisait contre l’homme une cabale sans précédent.

Visiblement cette première refontes n’aura pas suffi à recoller tous les morceaux. Mais la plupart des observateurs se réjouissent de ce premier pas. Les premières réactions de Yayi ou de Talon nous édifieront.

Vitali Boton, Quotidien Adjinakou

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