Google met Motorola au régime sec

Quasiment un an jour pour jour après l’annonce du rachat de Motorola Mobility par Google, le géant du net impose la suppression de 4000 emplois soit 20% de ses effectifs à sa nouvelle filiale.

En rachetant le fabricant américain de mobiles, Google avait le choix. Soit il se contentait des 17.000 brevets empochés pour 12,5 milliards de dollars, soit il tentait de remettre la star déclinante de la téléphonie mobile sur les rails. Il semble que la deuxième hypothèse ait été choisie par le groupe de Larry Page, qui a aussi endossé le rôle de président de Motorola Mobility. La première étape d’un plan de relance a enfin été dévoilée ce 13 août, après des révélations parues dans le New York Times . Google a confirmé la suppression de 4000 emplois chez Motorola, dont les deux-tiers hors des États-Unis. Cela représente 20% des effectifs mondiaux du fabricant de téléphones.

Google, qui a promis de verser des indemnités de licenciement «généreuses» aux personnes concernées, a pris son temps pour dévoiler ses intentions. Le rachat de Motorola Mobility a été bouclé en mai dernier et d’aucuns s’attendaient à ce que des mesures soient annoncées dès le printemps. Ces mesures devraient faire partie d’un plan plus vaste qui devra permettre à Motorola de redevenir bénéficiaire sur le marché des smartphones. Un tiers des unités de production du groupe pourraient en outre être fermées.

Motorola va devoir mettre les bouchées doubles pour revenir dans la course, face à Apple mais surtout, face à Samsung, qui s’est imposé comme leader sur le marché des smartphones avec plus de 20% de parts de marché mondiales au dernier trimestre selon IDC. Loin devant Apple qui ne détient «que» 16% des ventes. Surtout, le coréen a fait main basse sur le marché des mobiles sous Android (68% des ventes totales de smartphones): Samsung pèse à lui seul 44% des ventes de mobiles dotés du moteur d’exploitation de Google. L’année dernière, Motorola a lancé une vingtaine de nouveaux terminaux, sans pour autant trouver le «vaisseau amiral» qui aurait pu relancer la marque et soutenir les ventes de toute la gamme, à l’image de la série des Galaxy S chez Samsung. Pour Google, tout est désormais une question de dosage. Comment relancer Motorola sans frustrer Samsung, son plus beau défenseur? La question va aussi se poser sur le marché des tablettes, où la donne est tout autre. Apple détient encore plus de 60% des parts de ce marché avec son iPad.

lefigaro.fr

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