La chasse aux soutiens bat son plein à l’UMP

Alors que Copé doit officialiser sa candidature à la présidence du parti, dimanche, Fillon peaufine la liste de ses partisans.

Les semaines se suivent et voient consciencieusement gonfler les troupes de soutien des différents candidats à la présidence de l’UMP. Lundi, c’est l’ancien ministre, député maire d’Antibes, Jean Leonetti, qui a officialisé son ralliement à François Fillon. «Ce n’est un secret pour personne que j’étais favorable à la candidature d’Alain Juppé, lui qui me paraissait le plus à même de conduire une campagne au-dessus de la mêlée. Aujourd’hui, par son expérience du gouvernement, par ses qualités reconnues de tous, c’est à mon avis François Fillon qui est le plus à même de reconstruire une opposition forte aux choix catastrophiques du gouvernement socialiste», explique-t-il. Pour Jean Leonetti, ce sont «leurs tempéraments» qui distinguent le mieux Jean-François Copé et François Fillon: «Les gens qui, comme moi, sont attachés aux valeurs de la République, de l’autorité, mais aussi d’humanité, se reconnaissent davantage dans la candidature de François Fillon», explique l’élu radical.

En plus de collecter les parrainages essentiels à leur entrée en lice, tous les candidats essayent de se ménager les faveurs des ténors du parti dans leur course pour le congrès de novembre. Parti le premier, François Fillon joue consciencieusement de l’exercice des ralliements en les égrenant depuis son entrée en campagne : il a reçu le soutien de Valérie Pécresse, Laurent Wauquiez et Éric Ciotti, qui sont aujourd’hui les chevilles ouvrières de sa campagne. L’ancien président du Sénat, Gérard Larcher, ou le président de la fédération UMP de Paris Philippe Goujon ont également fait état de leur préférence. Et les proches de Fillon en promettent d’autres dans les jours qui viennent.

«Qualité de rassembleur»

Dans cet exercice, les supporteurs de Jean-françois Copé ne sont pas en reste. «Christian Jacob, Roger Karoutchi, Jean-Claude Gaudin, les vice-présidents de l’Assemblée nationale Catherine Vautrin et Marc Le Fur, le président de la Commission des finances à l’Assemblée Gilles Carrez se sont déjà prononcés en faveur de Jean-François Copé», rappelle l’entourage du député maire de Meaux. Brice Hortefeux, qui n’est pas «l’ennemi» de François Fillon, a lui souligné son amitié pour Jean-François Copé. Jean-Pierre Raffarin multiplie pour sa part les déplacements avec le secrétaire général de l’UMP.

La chasse aux soutiens des poids lourds se double d’une multiplication des listes d’élus et de cadres qui se prononcent pour un candidat plutôt qu’un autre. «Et ce n’est pas moins important d’avoir de nombreux relais dans les fédérations que le soutien de certains “poids lourds”», assure-t-on chez les copéistes, qui restent très optimistes dans les chances de leur champion. «Plus ses soutiens louent ses qualités de rassembleur, plus il y a de candidats qui se présentent contre Fillon», raille un copéiste qui tient le décompte des anciens ministres de Fillon tentés par l’élection: Nathalie Kosciusko-Morizet et Bruno Le Maire ont officialisé leur candidature, Xavier Bertrand et Christian Estrosi hésitent encore.

Un sondage Ifop-JDD donne 24 points d’avance à l’ancien premier ministre. «Fillon recule de 14 points alors qu’il est en pleine campagne tandis que Copé progresse de 3 points sans être déclaré candidat», souligne un collaborateur du député de Seine-et-Marne. Car, rappelons-le, Jean-François Copé n’est toujours pas officiellement candidat à la présidence de l’UMP: c’est le week-end prochain, à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), qu’il officialisera son entrée en campagne devant plus de 2000 personnes, dont au moins 70 parlementaires ou anciens parlementaires. Le premier août, au Cannet (Alpes-Maritimes), plus de 1500 militants s’étaient déjà réunis pour recevoir le secrétaire général de l’UMP. «Quand le fillonisme triomphant peine à réunir 300 personnes pour l’ascension du mont Mézenc…», ironise un proche à propos de la rencontre organisée dimanche par Laurent Wauquiez en Haute-Loire.

lefigaro.fr

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