Cambadélis expose son projet dans la continuité d’Aubry

Rénovation du parti, consultation des militants, soutien au gouvernement… Le député de Paris, candidat au poste de premier secrétaire, veut poursuivre l’action de l’actuelle patronne du parti.

Martine Aubry avait prévenu, dans l’une de ses dernières interventions en tant que patronne du PS, à La Rochelle: «Il reste un énorme travail à faire». Sous-entendu, le prochain premier secrétaire du parti devra poursuivre le programme d’action entamé ces quatre dernières années par la maire de Lille. Convaincre la patronne du PS plus que les militants… Une figure imposée pour les deux candidats au poste, que Jean-Christophe Cambadélis a bien intégrée. Son projet pour le parti, exposé ce mercredi dans une tribunepubliée par le Monde, ressemble à s’y méprendre à une preuve d’allégeance à Martine Aubry.

Sur la rénovation du parti, d’abord, le député de Paris inscrit ses pas dans ceux de l’actuelle patronne du PS, qui en avait fait son principal cheval de bataille. Il souhaite limiter le cumul des mandats et des fonctions en nombre mais aussi dans le temps, un projet plus ambitieux que ce que le parti de Martine Aubry tente actuellement d’imposer à ses élus. Jean-Christophe Cambadélis a aussi pour ambition d’installer la parité «partout, jusqu’aux instances nationales», engagement que la maire de Lille ne saurait renier.

Sur la méthode, rien de nouveau. S’il prend les rênes du parti, Cambadélis organisera quatre conventions nationales – des périodes de débats au cours desquelles les militants socialistes sont appelés à voter – consacrées à l’Europe, le «rapport à l’entreprise», la «vision de la République face à la montée du consumérisme, du libéralisme et du religieux» et «les nouvelles questions sanitaires». Toute ressemblance avec les quatre conventions organisées en 2010 par Martine Aubry est purement fortuite…

Cambadélis joue la carte légitimiste

S’agissant de l’épineuse question du rapport entre le parti et le pouvoir en place, Jean-Christophe Cambadélis s’aligne logiquement sur la position de soutien exposée dans la motion commune Aubry-Aurault. «Le débat est indispensable, la cacophonie ne l’est pas», écrit-il. «Utile, notre congrès le sera s’il est celui de l’unité. Sans elle, rien n’est possible: ne l’oublions jamais», ajoute-t-il. Comme Martine Aubry, il souhaite que François Hollande puisse rester à l’Elysée pour deux quinquennats, ce qui passera notamment par un «soutien à l’action menée par le président et le premier ministre». Même convergence de vue, enfin, sur l’Europe. Martine Aubry exige du prochain premier secrétaire une «européanisation du parti»? Jean-Christophe Cambadélis propose de «faire fructifier l’influence nouvelle du Parti socialiste français dans le Parti socialiste européen (PSE)».

Alors que son adversaire Harlem Désir s’est émancipé de la tutelle de Martine Aubry en réclamant un «vote ouvert» des militants, Jean-Christophe Cambadélis, soutien de la maire de Lille lors du Congrès de Reims en 2008 et pendant la primaire de 2011, joue donc la carte légitimiste. La stratégie s’avèrera-t-elle gagnante? Le choix de Martine Aubry sera dévoilé d’ici mardi prochain, minuit.

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Politique. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir