La piraterie coupe le gaz

Le West African Gas Pipeline (WAGP), qui transporte du gaz du delta du Niger vers le Ghana en passant par le Togo et le Bénin, est totalement arrêté depuis le 27 août. Selon nos informations, un navire équipé de matériel de détection sous-marine capable de déterminer les dommages sur l’ouvrage est arrivé sur zone le 5 septembre et devrait pouvoir estimer cette semaine l’ampleur des dégâts et les travaux de réparation à mettre en œuvre.

Selon des sources internes à la société WAPco (dominée par Chevron) qui gère le gazoduc, l’ouvrage a été endommagé suite à un acte de piraterie. Dans la nuit du 27 au 28 août, des pirates ont tenté de détourner un tanker pétrolier qui se trouvait au large de Lomé. Un affrontement entre les forces navales togolaises et les pirates a conduit à la fuite de ces derniers qui auraient alors abîmé le gazoduc avec l’ancre de leur embarcation. Le dommage a alors entraîné une violente baisse de pression dans le gazoduc d’où la suspension des livraisons de gaz au Bénin, au Togo et au Ghana depuis la matinée du 28 août.

Le WAGP approvisionne principalement les centrales électriques de Sunon Asogli à Takoradi (30 MMscfd) et Tema (15 MMscfd). Ces dernières tournent au ralenti depuis l’incident, entraînant d’importantes coupures de courant de la part de la Volta River Authority. Malgré l’envoi de volumes bien en deçà du contrat originel qui prévoyait 133 MMscfd, le WAGP permet au Ghana d’obtenir une énergie peu chère en attendant son propre gaz venant de Jubilee. Ce dernier devrait arriver en 2013 (lire p.1). Avant l’incident, WAPco livrait entre 60 et 80 MMscfd.

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