Armstrong accablé par ses lieutenants

Onze anciens coureurs de l’US Postal ont témoigné sous serment contre Lance Armstrong devant l’agence américaine antidopage (USADA). Plus que jamais, l’étau se resserre autour de l’ancien «boss» du cyclisme mondial.

Cela ne pouvait finir autrement. Sept ans après sa dernière victoire sur le Tour de France, un an et demi après la fin définitive de sa carrière, Lance Armstrong a été lâché par ses anciens coéquipiers de l’US Postal. Frankie Andreu, Michael Barry, Tom Danielson, Tyler Hamilton, George Hincapie, Floyd Landis, Levi Leipheimer, Stephen Swart, Christian Vande Velde, Jonathan Vaughters et David Zabriskie sont tous passés à table et ont brisé ce que le communiqué de l’agence américaine antidopage (USADA) appelle «le Code du Silence». Critiquée par l’avocat du «boss» et par Pat McQuaid, le président de l’Union Cycliste Internationale, l’agence américaine antidopage a répliqué via son directeur, Travis Tygart. Selon ses dires, l’US Postal avait «monté le programme de dopage le plus sophistiqué, professionnel et réussi, jamais vu dans l’histoire du sport».

Hincapie passe aux aveux
Si Lance Armstrong a refusé de collaborer avec l’instance, ses anciens coéquipiers ont, en revanche, accepté de témoigner, au risque d’être suspendus alors qu’ils font encore partie du peloton professionnel. C’est le cas de Danielson, Leipheimer, Vende Velde et Zabriskie. Dans un communiqué officiel, George Hincapie, le seul coureur à avoir épaulé le Texan lors de ses sept Tours de France victorieux, a avoué s’être dopé jusqu’en 2006 : «Très tôt dans ma carrière, il m’est apparu très clair qu’étant donné l’usage généralisé de pratiques dopantes chez les cyclistes, il était impossible de rivaliser au plus haut niveau avec eux. Je regrette profondément ce choix et je présente mes sincères excuses à ma famille, mes coéquipiers et mes supporters», explique en substance le néo-retraité, 17 Grandes Boucles au compteur. Cet aveu constitue un coup très rude pour Armstrong, car Hincapie a longtemps fait partie du cercle d’intimes du champion du Monde 1993.

Tygart promet un séisme 
Ce communiqué de l’USASA n’est qu’un préambule. Le rapport complet de l’agence sur le système de dopage organisé à l’US Postal, comportant plus de 1000 pages de preuves accablantes et les témoignages de 26 personnes (dont 15 coureurs), devrait suivre incessamment: «Il a fallu un courage énorme à ces coureurs pour s’avancer et dire la vérité», a renchéri Tygart. Dans une interview accordée à L’Equipe en septembre, Tygart avait promis que la publication de ce rapport ferait l’effet d’un tremblement de terre trente fois supérieur à ce qui avait pu être écrit jusque-là sur le sujet. Sur son site internet, le New York Times a notamment évoqué l’utilisation, par le clan Armstrong, de deniers gouvernementaux pour l’achat de produits dopants, ce qui a déclenché une enquête du FBI.

Ces premières indiscrétions laissent présager du pire : «Tous ces éléments apportent la preuve indéniable de la conspiration durable et érigée en système hautement professionnel au sein de l’US Postal, a ajouté Tygart. La loi du silence qui entourait l’utilisation de produits améliorant la performance dans le cyclisme s’est enfin brisée». Privé de tous ses résultats depuis le 1er août 1998, Lance Armstrong s’est toujours réfugié dans le déni, s’estimant victime d’un complot inique. Si, par son approche ultra-professionnelle en matière de diététique, d’entraînement et de rythme de pédalage, l’Américain a profondément modifié le cyclisme moderne, sa posture devient de moins en moins tenable. Symbole de la lutte contre le cancer, désireux de se présenter au poste de gouverneur du Texas sous la bannière républicaine, Armstrong a renoncé à se défendre dans les prétoires, peut-être pas crainte du parjure, sanctionné pénalement aux Etats-Unis.

lefigaro.fr

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