Obama à l’isolement pour préparer le second débat

L’équipe de campagne démocrate attend plus d’agressivité de la part du chef de l’État.

Lorsque leurs colistiers croisent le fer, les candidats à la présidentielle s’isolent pour réviser. C’est du moins le cas du «cancre» Barack Obama, qui va placer sa campagne entre parenthèses à compter de samedi, le temps d’un week-end prolongé, pour mieux préparer le second débat présidentiel après sa piètre prestation lors du premier duel, le 3 octobre à Denver. Telle est la décision prise par son équipe de campagne, qui l’envoie se mettre «au vert» pendant quatre jours à Williamsburg, en Virginie. Il sortira de sa retraite sans passer par la case Washington, se rendant directement à Hempstead dans l’État de New York, où il affrontera une seconde fois Mitt Romney devant les téléspectateurs, le 16 octobre.

L’opération sera renouvelée à l’approche du troisième et dernier débat télévisé, prévu le 22 octobre à Boca Raton, en Floride. Cette fois, Barack Obama profitera du cadre champêtre de la résidence secondaire des présidents américains dans le Maryland, à Camp David.

L’enjeu est crucial pour l’équipe de campagne démocrate, qui attend plus d’agressivité de la part du chef de l’État et cherche à trouver le levier psychologique manquant devant lui permettre de confronter Romney et ses «contradictions», relevées sur plusieurs thèmes majeurs (avortement, réforme de la santé, réductions budgétaires).

Jeudi en Floride, le président sortant s’est une nouvelle fois montré bien plus incisif et inspiré face à la foule que dans l’enceinte relativement confinée d’un face-à-face télévisé. «Romney est en train d’endurer une violente métamorphose, a-t-il déclaré à Coral Gables, devant un public conquis. Pendant un an, il s’est lui-même qualifié de “sévèrement conservateur” et voilà que maintenant il essaie de vous convaincre qu’il blaguait. En fait, il adore la classe moyenne. Il n’arrête plus de parler d’elle. Il aime le Medicare (réforme de l’assurance sociale), il aime les enseignants!»

Au coude à coude dans les sondages

Mitt Romney, pour sa part, s’est livré jeudi à une attaque en règle du traitement par l’Administration Obama de l’affaire du consulat américain de Benghazi, attaqué le 11 septembre par des insurgés affiliés à al-Qaida en Libye. En campagne à Ashville, en Caroline du Nord, le candidat du GOP (Grand Old Party, républicain) a donné les atermoiements de la Maison-Blanche dans la gestion du drame et de ses suites. «Président Obama, s’est emporté Romney, les Américains se demandent pourquoi il vous a fallu si longtemps à vous et à votre administration pour admettre qu’il s’agissait d’une attaque terroriste!» Le Congrès a lancé une enquête pour établir les circonstances toujours mal définies de la mort de l’ambassadeur américain en Libye, Chris Stevens, et de trois autres Américains, et les failles éventuelles dans le dispositif de sécurité du consulat de Benghazi.

À J-25 avant le scrutin, un sondage New York Times/Quinnipiac University/CBS News dans trois États clés (Colorado, Virginie, Wisconsin) confirme la montée en puissance du candidat républicain, dont la stature présidentielle est désormais reconnue par deux tiers des personnes interrogées. Au coude à coude avec Mitt Romney dans les intentions de vote, Barack Obama conserve une infime avance par la grâce d’une conjoncture économique encourageante. Pour la première fois depuis le début de son mandat, en janvier 2009, le taux de chômage est passé au-dessous de la barre symbolique des 8 % (7,8 %), laissant augurer un très timide redressement économique. Une bonne nouvelle, forcément, pour le locataire de la Maison-Blanche, toujours dans le creux de la vague.

Le Figaro

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Politique. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir