Obama teste son punch face à Romney

Le président espère se relancer lors du deuxième débat télévisé, alors que son challenger veut confirmer son élan.

Fini le Barack Obama poli et passif. Son équipe promet de l’agressivité de la part du président sortant au débat de Long Island ce mardi. Au pied du mur après sa débâcle à Denver le 3 octobre, le locataire de la Maison-Blanche ne peut se permettre de perdre son deuxième face-à-face sur trois, alors que l’écart se resserre avec Mitt Romney dans les sondages. «Il sera agressif dans sa manière de défendre sa vision de l’avenir du pays», a prévenu son stratège David Axelrod, tandis que son conseiller Robert Gibbs promet un Barack Obama «passionné».

Le président s’est mis au vert dans un club de golf en Virginie (sans prendre ses crosses, précise son entourage). «Qu’il essaie toujours», répond en substance l’équipe Romney, ragaillardie par les sondages et le regain d’enthousiasme dans les meetings de campagne. «Le président peut changer de style (…), il peut changer de tactiques autant qu’il veut, mais il ne peut pas changer son bilan», a rétorqué le conseiller Ed Gillespie sur Fox News. Mitt Romney s’entraîne dans le Massachusetts avec le sénateur Rob Portman.

Gestuelle républicaine

Le format du débat de mardi représente toutefois un défi pour les deux candidats. Il ne s’agira pas d’une confrontation à deux, mais d’une vingtaine de questions-réponses du public, orchestré par une modératrice de CNN. «Dans ce genre d’exercice, il est important de paraître sympathique», souligne la stratège républicaine Ana Navarro sur CNN, qui note toutefois que Barack Obama bénéficie d’un avantage dans ce domaine. En 2008, il a toujours été plus convaincant dans ce format.

C’est précisément sur l’empathie que travaille Mitt Romney, selon le journal Politico. Les sessions de préparation seraient focalisées non pas sur le fond, mais «sur la mise en scène et la gestuelle». On explique par exemple au fondateur de Bain Capital qu’il doit se rapprocher de la personne qui l’interroge pour donner l’impression qu’il est en tête-à-tête avec 50 millions de personnes. Lors du premier débat, Mitt Romney avait démontré qu’il n’était pas le candidat «inacceptable» que l’équipe du président présente depuis des mois dans un barrage de publicités négatives. «S’il montre de l’empathie, s’il arrive à connecter avec le public, il pourrait faire voler en éclats les stéréotypes sur sa personne», suggère le journaliste politique de NBC Chuck Todd.

Pour y arriver, pas question de la jouer faussement «près du peuple», ce que le multimillionnaire est incapable de faire, reconnaît son entourage. Rob Portman lui a conseillé au contraire de parler comme celui qu’il est vraiment: un «businessman», car il paraît ainsi plus authentique. Il l’a montré à Denver en s’exprimant souvent point par point, comme à des investisseurs. Barack Obama aura à cœur de démontrer qu’un bon businessman ne fait pas forcément un bon leader et cette fois-ci il ne devrait pas faire l’impasse sur la remarque de Mitt Romney à propos des «47 % d’assistés». David Axelrod a déjà ironisé sur les talents de «commercial» du candidat républicain, prêt à dire ce que le public veut entendre pour être élu. L’équipe du président hésiterait encore toutefois entre deux stratégies d’attaque: celle de la «girouette» (en exposant les revirements successifs de Mitt Romney) et celle du «conservateur travesti en modéré». Certains analystes conseillent au passage au président de s’inspirer un peu de son rival et de mieux «vendre» aux électeurs son propre projet pour les quatre prochaines années.

lefigaro.fr

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