Nétanyahou se dit prêt à rencontrer Abbas à l’Élysée

Après un premier entretien avec François Hollande, le premier ministre israélien doit se rendre avec lui, ce jeudi, à Toulouse.

C’est un Benyamin Nétanyahou tout miel qui s’est présenté mercredi devant la presse après son premier entretien à l’Élysée avec François Hollande. Entre ces deux interlocuteurs fort dissemblables, le courant est manifestement passé, au fil d’une conversation plus longue que prévu qui a témoigné d’«une large convergence de vue», selon une formule qui ne serait cette fois pas usurpée.

Au menu, l’Iran, la lutte contre l’antisémitisme, à la veille de la visite que tous deux effectueront jeudi à Toulouse, et le Proche-Orient, un sujet sur lequel le premier ministre israélien entendait «tester» le président français. Cet exercice a pris, devant les journalistes, la forme d’un assaut d’amabilités, au cours duquel Benyamin Nétanyahou, s’affirmant prêt à rouvrir «immédiatement et sans conditions» la discussion interrompue depuis trois ans avec le président de l’Autorité palestinienne, s’est tourné vers le chef de l’État: «Le président Hollande n’a qu’à passer un coup de fil, il peut inviterMahmoud Abbas à l’Élysée, je le rencontrerai là.»

«Voilà une belle proposition», s’est exclamé François Hollande, semblant un brin décontenancé par tant d’entrain. Certes, le président de la République avait appelé, quelques instants auparavant, Israéliens et Palestiniens à se mettre autour d’une table pour une «reprise sans conditions des négociations» sur le processus de paix. Mais le chef de l’État est suffisamment averti des contraintes de Benyamin Nétanyahou, premier ministre en campagne (les élections sont prévues en janvier), et de ses priorités, l’Iran au premier chef, pour considérer les suggestions de «Bibi» à leur juste valeur, celle de propos guère concrétisables à court terme.

Changement de style

Les points «durs» sont connus et n’ont pas varié, notamment le statut de Jérusalem, rappelé avec force par Nétanyahou dans son interview à Paris Match, mercredi, et la poursuite de la colonisation, une question sur laquelle François Hollande n’a pas caché qu’il y avait «divergence». À son hôte israélien, il a toutefois donné un gage important en prenant ses distances avec la tentative des Palestiniens d’obtenir le statut d’«État non-membre» à l’ONU à travers un vote de l’Assemblée générale. «Seule une négociation peut aboutir à une solution définitive», a dit le chef de l’État, repris quasiment au mot près par Nétanyahou. Mais, au total, rien de substantiel n’est à attendre avant la mise en état de marche de la prochaine Administration américaine. Dans l’entourage de François Hollande, on démentait d’ailleurs tout plan précis d’un «sommet de l’Élysée» sur le Proche-Orient.

De part et d’autre, on s’est félicité de ces beaux débuts. Ils le furent aussi, il y a cinq ans, à l’entame du quinquennat précédent, avant que les relations ne se crispent. On se souvient notamment d’échanges aigres-doux après la reconnaissance par l’Unesco de la Palestine comme membre à part entière, en 2011. Durant ce séjour, Benyamin Nétanyahou ne devait pas rencontrer son «ami» Nicolas Sarkozy, absent de Paris. De source israélienne, on indiquait que le premier ministre israélien avait été favorablement impressionné par son nouvel interlocuteur à l’Élysée. Même si la «rupture», en l’occurrence, se résume surtout à un changement de style.


François Hollande et Benyamin Nétanyahou sont ce jeudi après-midi à Toulouse pour un hommage aux victimes de Mohamed Merah. La cérémonie se déroule en début d’après-midi au collège-lycée Ozar Hatorah, où trois enfants et un enseignant ont péri sous les balles du tueur au scooter. Un important dispositif policier a été mis en place. La circulation sur le périphérique toulousain devait être suspendue au passage des deux convois entre l’aéroport et le quartier de la Roseraie, où des rues devaient être bouclée et vidées des véhicules garés aux abords de l’établissement.

lefigaro.fr

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