A Bruxelles, Hollande s’estime «partiellement entendu»

La nouvelle proposition de budget de l’UE formulée par Herman Van Rompuy a fourni une base de travail. Les discussions reprendront à midi mais « le plus probable» est qu’un nouveau sommet sera nécessaire pour conclure, admet le président français.

Pour l’instant, la négociation ne se passe pas si mal, estime-t-il. Dans la nuit de jeudi à vendredi, François Hollande a fait part de l’avancée des discussions sur le budget 2013-2020 de l’Union européenne. Si les positions des 27 pays semblaient inconciliables à l’ouverture du conseil extraordinaire, la nouvelle proposition formulée dans la soirée par le président Herman Van Rompuy a fourni une base de travail pour poursuivre les discussions vendredi. Elles reprendront à midi. La France n’est pas si isolée. «J’ai été partiellement entendu», s’est félicité le chef de l’Etat français, lors de la conférence de presse qu’il a tenue vers minuit et demi.

S’il croit un accord possible, «le plus probable», a-t-il reconnu, est qu’il faudra convoquer un nouveau sommet pour y parvenir, dans quelques semaines ou quelques mois. «C’est ce que tout le monde a dans la tête, a admis François Hollande. On n’est pas dans le sommet de la dernière chance». «Si tout le monde est de bonne volonté, nous pouvons y arriver. Mais s’il convient de donner du temps au temps, ce sera sans doute cette position sage qui sera prise. Il y a déjà eu des progrès et des avancées. La position de la France est de rechercher autant que possible un compromis», a insisté le président français.

La chancelière allemande Angela Merkel est sur la même ligne: «Je pense que nous avancerons un peu, mais je doute que nous parvenions à un accord» dès ce week-end. Entre la France et l’Allemagne, il reste encore des différences d’appréciation sur le niveau des dépenses. «Il y a encore beaucoup de chemin à faire», a-t-elle estimé.

L’Allemagne doute qu’un accord soit trouvé

La position de la France reposait sur trois points. D’abord s’entendre sur un volume de dépenses de l’ordre de 985 milliards d’euros (en baisse cependant par rapport au budget de 1060 milliards d’euros proposé par la commission). Ensuite réhausser les parts dévolues à la politique agricole commune et aux fonds de cohésion (fortement diminuées dans le projet initial). Enfin revenir sur «les chèques et les ristournes» accordées à certains pays. La proposition d’Herman Van Rompuy conserve le même volume financier et réaugmente la PAC de 8 milliards (limitant la diminution à 17 milliards contre 25 milliards prévus initialement), et les fonds de cohésion de 10 milliards. La négociation n’est pas terminée pour autant. «La réduction (de la PAC) est encore trop importante», a estimé François Hollande.

Le principal adversaire de François Hollande, à Bruxelles jeudi soir, c’était le premier ministre britannique David Cameron, partisan d’une diminution forte du budget européen et d’un maintien du «chèque» que touche la Grande-Bretagne. Une source de contentieux entre les deux pays depuis des années. Une position que François Hollande dit ne plus vouloir accepter. «La France ne demande pas de chèque, de rabais, de ristourne, la France a une conception de la solidarité européenne», a-t-il lancé avec un peu de mépris en estimant que les pays les plus riches devaient «faire des efforts». Mais le rabais britannique est gravé dans le marbre… Qu’a cela ne tienne. Le chef de l’Etat souhaite que «tous les pays contribuent». Y compris les Anglais eux-mêmes! En tout cas, François Hollande entend demander un «plafonnement de la participation de la France». Jeudi après midi, David Cameron et François Hollande n’ont pas pris le temps de s’entretenir en tête à tête. «Je connais sa position, ce n’est pas celle de la France», a résumé Hollande sèchement.

lefigaro.fr

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