Alzheimer : des dégâts plus précoces chez les femmes

Sous IRM, le cerveau des femmes montre des signes d’altération à un stade plus précoce, mais la progression de la maladie est plus rapide chez les hommes.

Concernant Alzheimer, il existe un déséquilibre flagrant et connu entre les sexes: les femmes sont presque deux fois plus nombreuses que les hommes à développer la maladie. Les raisons et les implications de cette inégalité sont encore mal connues et font l’objet de recherches dont la dernière en date a été présentée cette semaine au Congrès international de radiologie à Chicago. L’analyse d’IRM de cerveaux de malades montre une évolution sensiblement différente entre les hommes et les femmes dont devraient tenir compte les recherches en cours sur les traitements, estime l’auteur principal de ces travaux, Maria Vittoria Spampinato, professeur à l’université de Caroline du Sud.

La chercheuse et son équipe ont étudié les IRM cérébrales de 109 malades (60 hommes et 49 femmes, âgés de 75 ans environ) sur une période de cinq ans. Les malades, qui présentaient des troubles de la mémoire, ont développé pendant ce laps de temps une maladie d’Alzheimer – une évolution visible sur les images prises un an avant le diagnostic puis un an après.

Des zones différentes du cerveau

L’observation des données a permis de voir que les femmes présentent, dans le temps précédent le diagnostic, une réduction plus importante du volume de matière grise de l’hippocampe, principale zone lésée par la maladie, impliquée dans la mémoire. Le même effet de la maladie survient plus tard chez les hommes, mais, en raison d’une détérioration beaucoup plus rapide, ils rattrapent à terme les femmes. Par ailleurs, la réduction de matière grise ne concerne pas les mêmes zones chez les hommes et les femmes.

«Cette différence montre l’importance de tenir compte du sexe du patient dans la recherche de traitements et l’évaluation de leur efficacité», souligne Maria Vittoria Spampinato. «Les raisons de cette sensibilité inégale à Alzheimer entre les sexes ne sont pas encore connues mais pourraient combiner des facteurs génétiques, hormonaux et environnementaux», ajoute encore la chercheuse.

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Santé, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir