Benghazi : un rapport accuse le Département d’Etat

Une enquête officielle publiée mardi pointe des failles dans le dispositif de sécurité du consulat américain attaqué le 11 septembre par des islamistes, un attentat qui a coûté la vie à l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye.

Le panel indépendant chargé d’enquêter durant deux mois sur les circonstances de l’attaque terroriste du consulat américain de Benghazi, qui avait tué en septembre l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye Chris Stevens et trois autres personnes, a rendu ce mardi soir un rapport qui accuse le département d’Etat de graves négligences en matière de sécurité. Le texte, très sévère dans ses conclusions, parle d’échecs systémiques et d’erreurs de jugement du bureau des affaires proche-orientales et du bureau de la sécurité diplomatique. Il évoque une «mauvaise coordination» parmi les officiels à Washington et une approche de la sécurité «grossièrement inadéquate» au moment des évènements.

La commission d’enquête affirme qu’aucune manifestation n’a précédé cette attaque, contrairement à une hypothèse évoquée dans un premier temps par certains responsables américains. Elle précise que les services de renseignement n’avaient transmis aucune mise en garde précise. Si aucun fonctionnaire n’a manqué à ses devoirs, la commission d’enquête juge que certains responsables du département d’Etat ont fait preuve de «manque de réactivité» face aux inquiétudes exprimées par des diplomates en poste en Libye au sujet de la sécurité du consulat de Benghazi.

Plusieurs centaines de Marines supplémentaires dépêchés à l’étranger

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui avait ordonné la tenue de l’enquête, a déclaré ce mardi dans une lettre adressée au Congrès qu’elle acceptait les conclusions critiques des enquêteurs et qu’elle allait procéder à une refonte en profondeur du système de sécurité de ses ambassades pour répondre «rapidement et totalement» aux critiques formulées. Plusieurs centaines de Marines supplémentaires seront dépêchés à l’étranger pour consolider la protection des bâtiments diplomatiques américains et un budget additionnel sera demandé pour augmenter le niveau de sécurité. Clinton devrait également nommer une personne exclusivement en charge de superviser les postes «à haut risque».

Autant de décisions qui calmeront peut-être un peu l’ire des Républicains qui, depuis le 11 septembre, accusent l’administration Obama d’avoir sous-estimé la menace terroriste et menti sur les circonstances de l’attaque de Benghazi. «C’est un coup pour la Secrétaire Clinton, a noté Jon Alterman, responsable du programme moyen-oriental du Centre d’études stratégiques et internationales. Même si elle n’est pas nommément mise en cause, le rapport a souligné l’absence de leadership et d’organisation en matière de sécurité, et ces thèmes entrent dans son domaine de compétence».

Depuis des semaines, la question des lacunes de sécurité patentes du consulat de Benghazi faisait l’objet d’une polémique acharnée. Les comités du Congrès ont reçu le rapport et devraient discuter de ses conclusions ce mercredi lors d’un hearing à huis clos, auquel participeront l’ancien ambassadeur Thomas Pickering et l’amiral Mullen, qui sont deux coprésidents du Comité de révision qui a enquêté. Hillary Clinton était censée être entendue jeudi, mais elle a dû renoncer à cette audition, terrassée par un virus qui avait provoqué chez elle un évanouissement suivi d’une commotion cérébrale. La secrétaire d’Etat, qui est maintenant en convalescence, a pris connaissance du rapport depuis chez elle. Elle a précisé dans son message au Congrès qu’elle était prête à poursuivre la discussion sur le sujet dès le début janvier.

lefigaro.fr

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