Clinton hors de cause dans l’affaire Benghazi

Au lendemain de la publication de l’enquête sur l’attaque du consulat américain, un diplomate a démissionné et trois ont été relevés de leurs fonctions. La responsabilité d’Hillary Clinton n’est pas engagée.

Hillary Clinton avait assuré qu’elle «assumerait la responsabilité» des conséquences de l’attaque de Benghazi, en Libye. Trois diplomates ont donc été relevés de leurs fonction et un autre a démissionné mercredi, au lendemain de la remise d’un rapport brocardant le département d’Etat pour le mauvais dispositif de sécurité autour du consulat de Benghazi, attaqué le 11 septembre par des islamistes.

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton «a accepté, avec effet immédiat, la décision de Eric Boswell de démissionner de son poste de secrétaire adjoint chargé de la sûreté diplomatique», la force de l’ordre qui assure la sécurité de tout le réseau diplomatique et consulaire américain, selon un communiqué du département d’Etat. Deux autres responsables de cette même sûreté diplomatique et un fonctionnaire du bureau du Proche-Orient au ministère des Affaires étrangères ont été relevés de leurs fonctions, selon le communiqué.

La secrétaire d’Etat elle-même est mise hors de cause: les deux présidents de la commission d’enquête ont déclaré que la responsabilité d’Hillary Clinton n’était pas engagée. La responsabilité des failles de sécurité révélées par le rapport ne se situe pas au niveau du commandement du département d’Etat, a souligné l’ancien ambassadeur Thomas Pickering, qui a co-dirigé la commission avec l’amiral Mike Mullen, ancien chef d’état-major interarmes. «Nous l’établissons au niveau des secrétariats adjoints, qui est, selon nous, le lieu approprié pour chercher où se prennent effectivement les décisions, où le bât blesse, si vous préférez», a-t-il précisé à l’issue de réunions à huis clos avec des commissions parlementaires.

Le bilan d’Hillary Clinton néanmoins terni

Selon le rapport de la commission d’enquête, rendu public mardi, le dispositif de sécurité au consulat américain de Benghazi était «extrêmement inadapté» au moment de l’attaque, en raison de failles structurelles dans le fonctionnement du département d’Etat. Il pointe de manière cinglante des faiblesses de «leadership et de gestion» dans deux services du département d’Etat, une mauvaise coordination entre responsables et une «véritable confusion» à Washington et sur le terrain sur la répartition des responsabilités en matière de prise de décision.

Cette évaluation ternit le bilan des quatre années passées par Hillary Clinton au poste de secrétaire d’Etat. «Les démissions de responsables du département d’Etat ne clôt pas l’histoire car on doit continuer de tenir le gouvernement responsable de ses graves échecs, afin d’empêcher à l’avenir un autre Benghazi», avait réagi plus tôt la présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, à majorité républicaine, Ileana Ros-Lehtinen. «Franchement, le département d’Etat n’a pas fourni à la mission de Benghazi la sécurité dont elle avait besoin», a renchéri Thomas Pickering. La secrétaire d’Etat a déjà annoncé qu’elle quitterait son poste après la prestation de serment du président Barack Obama les 20 et 21 janvier. Souffrante depuis plusieurs jours, elle ne pourra pas témoigner comme cela était prévu jeudi devant le Congrès, sur l’attaque de Benghazi.

lefigaro.fr

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