GHANA: Sinopec gère le gaz dans son coin

Dans une opacité quasi-totale, la société recrutée par Sinopec pour construire le gazoduc en eau peu profonde avance très doucement pour atteindre la côte.

Après déjà plusieurs mois de travail au large des côtes ghanéennes, où ses salariés assemblent les pipes pour le transport du gaz de Jubilee, la société italienne Micoperi devrait atteindre la côte, où le gazoduc à terre est en bonne voie, dans les premiers mois de 2013. Aucune annonce n’avait été faite pour déclarer Micoperi vainqueur de l’appel d’offres qu’a lancé Sinopec, donneur d’ordres du projet gaz au Ghana. Hors de l’Italie, cette société travaille principalement en Egypte et en Croatie, où elle a deux filiales. Micoperi fait partie du groupe privé italien Protan Group, basé à Ravenne au nord-est du pays. C’est son premier contrat en Afrique de l’Ouest.

Au Ghana, Sinopec s’occupe directement de la partie onshore du gazoduc, soit 90 kilomètres entre la côte et l’usine de purification d’Atuabo (Sud-Ouest). Si c’est officiellement en février 2013 que doit débuter l’approvisionnement de la centrale de Takoradi à Aboadze par le gaz de Jubilee, il est probable que le projet ne soit pas fonctionnel avant le milieu de l’année. Et ce, en grande partie à cause du gazoduc en eau peu profonde (d’une longueur de 45 kilomètres) de Micoperi, dont la réalisation prend plus de temps que prévu. La partie en eau profonde a déjà été construite en 2011 par la société française Technip.

La Ghana National Gas Co. (GNGC), créée en juillet 2011 (AEI nº657) et dirigée par des figures politiques du parti au pouvoir, George Sipa-Adjah Yankey (ex-ministre de la santé) et Kwesi Botchwey (ex-ministre des finances), laisse actuellement toute latitude à Sinopec pour mettre en pratique la stratégie gazière du Ghana. La Chine finance pour 3 milliards de dollars d’infrastructures dans le pays, dont près de 850 millions sont uniquement dédiés au gaz.

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