L’UMP risque l’asphyxie financière

L’invalidation des comptes de campagne de Sarkozy mettrait les finances du parti dans le rouge.

2012, annus horribilis pour l’UMP? Après les défaites à la présidentielle et aux législatives, après le désastre de l’élection du président du parti et la crise qui a suivi, voici le temps des factures. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a signifié vendredi le rejet des comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. En cause, certaines dépenses, antérieures à la déclaration de candidature de l’ancien président de la République. La CNCCFP considère qu’elles relèvent de la campagne et les a réintégrées dans les comptes présentés par le candidat. Au total, les dépenses dépasseraient le plafond autorisé de 22,5 millions pour un candidat qualifié au second tour. Transmises au Conseil constitutionnel, les conclusions de la Commission peuvent être contestées, si l’ancien candidat décide de présenter un recours.

Au-delà des conséquences politiques – seuls Jacques Cheminade et Bruno Mégret avaient vu jusqu’à présent leurs comptes invalidés -, l’affaire pourrait être catastrophique pour les finances de l’UMP. Le parti comptait bien récupérer la moitié des frais engagés pour la campagne présidentielle comme il se doit après validation des comptes. Soit environ 11 millions d’euros, qui seront perdus si le rejet des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy est confirmé.

Si ce remboursement ne devait pas être versé, la situation financière du parti, déjà sensible, pourrait s’aggraver. L’UMP fonctionnait avec un budget de 45 à 50 millions d’euros par an sous le quinquennat précédent; le parti va devoir se contenter d’environ 35 millions d’euros pour 2013. La dotation publique versée en fonction des résultats en nombre de voix aux législatives et de l’affiliation annuelle des députés est à elle seule réduite de plus d’un tiers: elle passe de 30 millions d’euros à environ 20 millions en 2013.

Nouvelle élection en septembre

Une perte de moyens que le regain d’adhésions enregistré cette année (300.000 adhérents à jour de cotisation fin octobre, contre 260.000 au 1er janvier 2012) ne parviendra pas à compenser. En plus du coût de la campagne présidentielle, l’UMP doit également assumer les frais des législatives: 7000 euros ont été attribués à chaque candidat, sans compter les dépenses nationales de communication. Le coût de l’élection à la présidence de l’UMP a également explosé, avec l’envoi de 180 à 200 huissiers dans les bureaux de vote pour contrôler le déroulement du scrutin. Résultat: les finances du parti accuseraient en début d’année 2013 un déficit de plus de 50 millions d’euros.

Pour se refaire une santé financière, l’UMP comptait notamment sur une année 2013 libre de tout scrutin. C’était sans compter les dépenses que va entraîner le scrutin de septembre pour une nouvelle élection à la présidence de l’UMP.

lefigaro.fr

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