Assad tient le discours de la citadelle assiégée aux Syriens

L’offre du président syrien exclut son départ du pouvoir et toute négociation avec l’opposition armée.

Déni de réalité, aveuglement, syndrome exacerbé du complot. De Saddam Hussein à Slobodan Milosevic en passant par Mouammar Kadhafi, c’est, semble-t-il, le lot de nombreux dictateurs, lorsque leur pouvoir flanche. Du haut de sa citadelle assiégée, Bachar el-Assad n’a pas fait exception à la règle, dimanche en prononçant son premier discours public depuis le mois de juin dernier.

Défiant, offensif et inflexible, en costume-cravate et pendant presque une heure, le président syrien a nié l’existence de la révolution qui défie son pouvoir depuis presque deux ans. Le conflit n’oppose pas, selon lui, le pouvoir et l’opposition, «mais la patrie et ses ennemis, le peuple et ses assassins», toutes ces «marionnettes de l’Occident» qui veulent la partition de la Syrie.

Bachar el-Assad a exclu de quitter le pouvoir comme le réclament l’opposition et une partie de la communauté internationale. Il a écarté d’un revers de main toute négociation avec l’opposition armée. La transition syrienne ne peut s’effectuer, selon lui, que par des «moyens constitutionnels», c’est-à-dire des élections. Et le «dialogue national» qu’il appelle de ses vœux ne peut pas se faire avec «des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger».

Déjà 60.000 morts

La Syrie «accepte les conseils mais pas les ordres» a-t-il prévenu. Bref, rien de vraiment nouveau. Pourtant, depuis sa dernière déclaration à la presse russe, en novembre, les rebelles ont gagné du terrain dans le nord et dans l’est du pays. La Coalition nationale syrienne (CNS) s’est imposée sur la scène diplomatique internationale.

Pas étonnant, donc, que le «plan de paix» proposé par Bachar el-Assad, une conférence de réconciliation excluant «ceux qui ont trahi la Syrie», ait été tout de suite rejeté. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a estimé que le discours présidentiel allait «au-delà de l’hypocrisie». Berlin a regretté qu’il n’exprime «aucune nouvelle prise de conscience».

Pour l’opposition, l’intervention de Bachar el-Assad vise surtout à contrarier un accord international, soutenu par les pays arabes et occidentaux, qui fait de la démission du président syrien une précondition à toute négociation. La Coalition de l’opposition a refusé toute initiative prévoyant le maintien en place du régime actuel. «Les Syriens ont déjà perdu 60.000 martyrs… Ils n’ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique», a affirmé l’un de ses représentants à l’AFP.

Le discours du président intervient une dizaine de jours seulement après la visite à Damas de Lakhdar Brahimi, l’envoyé spécial des Nations unies. Il n’accorde guère de crédit aux efforts du diplomate algérien, qui tente d’imposer une solution négociée à la crise. La Russie, l’Iran et la Chine – les principaux alliés du régime de Damas – n’ont, pour leur part, fait aucun commentaire sur l’allocution de Bachar.

L’Otan a commencé à déployer ses missiles Patriot en Turquie

Le déploiement des premiers missiles sol-air Patriot en Turquie  a commencé samedi à la frontière syrienne, dans le sud-est du pays,  sur une base de l’Otan.  Les Patriot visent à protéger  la Turquie d’éventuelles attaques syriennes. Ankara en avait  fait la demande à l’Alliance atlantique après que plusieurs  obus syriens eurent été tirés contre des localités turques  en octobre dernier.  Les Patriot peuvent détruire en vol des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière et des avions. Leur déploiement est toutefois purement défensif, assure l’Otan qui, après 21 mois de conflit,  continue à exclure toute intervention dans la guerre. Environ 400 soldats américains seront acheminés  auprès des Patriot dans les prochains jours à Gaziantep, à 50 kilomètres  de la frontière syrienne.

lefigaro.fr

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