Benoît XVI lance un nouvel appel pour la Syrie

Le Pape a reçu les 179 ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège pour un tour d’horizon géopolitique.

Benoît XVI a demandé lundi aux 179 ambassadeurs accrédités près le Saint-Siège de «sensibiliser» leurs gouvernements «afin que soient fournies de façon urgente les aides indispensables pour affronter la grave situation humanitaire» qui afflige la Syrie. Lors de cette audience annuelle où le corps diplomatique vient présenter ses vœux au Pape lors d’une cérémonie très protocolaire, le chef de l’Église catholique en profite pour délivrer en français un long discours d’ordre géopolitique où il passe en revue les situations les plus préoccupantes de la planète. Cette année, la Syrie s’est taillé la première place: «Je renouvelle mon appel, a dit Benoît XVI à propos de ce pays, afin que les armes soient déposées et que prévale le plus tôt possible un dialogue constructif pour mettre fin à un conflit qui ne connaîtra pas de vainqueurs, mais seulement des vaincus, s’il perdure, ne laissant derrière lui qu’un champ de ruines.» Il avait lancé le même cri lors de son message urbi et orbi, le jour de Noël.

«Jérusalem, cité de la paix»

Le Pape a également sollicité l’appui de la communauté internationale pour qu’une solution pacifique soit également trouvée entre Palestiniens et Israéliens: «Suite à la reconnaissance de la Palestine comme État observateur non membre des Nations unies, je renouvelle le souhait que, avec le soutien de la communauté internationale, Israéliens et Palestiniens s’engagent pour une cohabitation pacifique dans le cadre de deux États souverains, où le respect de la justice et des aspirations légitimes des deux peuples sera préservé et garanti. Jérusalem, deviens ce que ton nom signifie! Cité de la paix et non de la division ; prophétie du Royaume de Dieu et non message d’instabilité et d’opposition!»

Revenant sur les pays touchés par le printemps arabe, Benoît XVI a demandé en référence aux populations chrétiennes minoritaires que «toutes les composantes» de ces sociétés puissent obtenir la «garantie» de la «pleine citoyenneté» et la «liberté de professer publiquement sa religion». S’adressant plus particulièrement aux «Égyptiens», il les a assurés de sa «proximité», «au moment» où se mettent en place «de nouvelles institutions».

Abordant la question africaine, le Pape s’est inquiété du retour des violences à «l’est de la République démocratique du Congo», mais aussi au Mali et au Nigeria, qui est le théâtre «d’attentats terroristes» dont les victimes sont «surtout» des «fidèles chrétiens». Il a confié sa «grande tristesse» face au dernier attentat en date, le jour de Noël, où «des chrétiens ont été tués d’une façon barbare».

Benoît XVI a réaffirmé que les religions n’étaient pas causes de violence: «C’est justement l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence» et qui est à la source d’un «fanatisme pernicieux de matrice religieuse». Il s’est ensuite «réjoui» d’une résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe demandant la «prohibition de l’euthanasie», déplorant par ailleurs que, dans des pays «même de tradition chrétienne», des législations qui «dépénalisent ou libéralisent l’avortement» aient été introduites ou renforcées.

lefigaro.fr

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