L’intrigante visite en Corée du Nord du président de Google

Eric Schmidt, président exécutif de Google, est arrivé lundi à Pyongyang pour une «mission humanitaire privée». Cette visite n’est pas jugée «constructive» par le département d’État américain.

Que vient donc faire Eric Schmidt en Corée du Nord? Alors que le président exécutif s’est posé lundi à Pyongyang pour une visite de deux à trois jours, la question agite jusque dans les hautes sphères de la diplomatie américaine.

Les explications données par l’ancien ambassadeur américain auprès des Nations unies Bill Richardson, qui organise ce voyage, sont restées sommaires. L’ex-diplomate a signalé qu’il s’agissait «d’une mission humanitaire privée, indépendante du gouvernement américain».

Bill Richardson est familier de la Corée du Nord. Il y a négocié la libération de plusieurs ressortissants américains depuis une vingtaine d’années et souhaiterait évoquer au cours de cette nouvelle visite le cas d’un Américain d’origine coréenne, Kenneth Bae, arrêté par Pyongyang le mois dernier.

Un Internet privé et censuré

La présence d’Eric Schmidt, invité à se joindre à cette mission, est plus surprenante. Le président exécutif de Google, dont il a été PDG durant dix ans, est à la tête d’une des entreprises américaines du Web les plus florissantes. Google s’est notamment opposé vivement à la censure d’Internet en Chine, au point de fermer ses bureaux dans le pays.

La Corée du Nord, à l’inverse, figure sans discontinuer dans la liste des «ennemis d’Internet» établie par l’ONG Reporters sans frontières. Comme l’expliquait récemment la BBC, le Web est remplacé dans le pays par une version fortement censuré, appelée Kwangmyong, sorte de réseau privé limité aux sites autorisés par le régime.

Pour le département d’État américain, la visite d’Eric Schmidt tombe au mauvais moment. «Honnêtement, nous ne pensons pas que le calendrier soit particulièrement constructif», a déclaré une porte-parole la semaine dernière. Cette mission survient à un moment de tension entre Washington et Pyongyang, après le tir réussi d’une fusée par la Corée du Nord le 12 décembre.

Eric Schmidt «se rend en Corée du Nord en tant que citoyen, ce n’est pas un voyage pour Google. La politique étrangère l’intéresse, c’est un ami, et je pense qu’il était important d’avoir un point de vue plus large sur notre visite», a signifié Bill Richardson.

lefigaro.fr

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