Israël surveille la Syrie… avec un œil sur l’Iran

Certains espèrent que l’effondrement du régime syrien, en affaiblissant l’Iran, aide à résoudre la crise du nucléaire iranien.

Ce qui est mauvais pour l’Iran est bon pour Israël. Et vice versa. La nucléarisation de l’Iran étant l’un des problèmes stratégiques majeurs d’Israël, la plupart des changements géopolitiques à l’œuvre dans la région sont analysés à travers ce prisme.

De l’Afghanistan à l’Irak, en passant par le Liban, Bahreïn, Gaza et le Koweït, l’Iran pousse ses pions dans tous les conflits de la région. Mais aujourd’hui les projecteurs sont surtout braqués sur la Syrie. Pendant longtemps, Israël a observé avec méfiance la rébellion anti-Bachar. La frontière syrienne était l’une des plus tranquilles. «El-Assad, c’était le diable que l’on connaissait», résume un diplomate israélien. L’effondrement de son régime et l’éventuelle arrivée au pouvoir des islamistes étaient une mauvaise nouvelle de plus pour l’État hébreu, qui depuis quelques années les voit s’accumuler.

Israël redoute la montée des islamiste

Cette vision de l’environnement régional explique la prudence initiale observée par les autorités israéliennes vis-à-vis de leurs voisins. «Les printemps arabes n’incitent pas les Israéliens, qui ont l’impression et redoutent que tout le monde arabe devienne islamiste, à prendre des initiatives dans la région. Ils attendent de voir comment les choses vont évoluer en Syrie, en Égypte», explique Ilan Greilsammer, professeur de sciences politiques à Tel-Aviv, lors d’une rencontre organisée par le think-tank Elnet. Seule exception à cet attentisme: l’utilisation éventuelle d’armes chimiques, qui provoquerait une réaction immédiate des forces armées.

Cette posture crispée a depuis évolué. À tel point que certains se demandent aujourd’hui si l’effondrement du régime syrien ne va pas au contraire, en affaiblissant l’Iran, aider à résoudre la crise du nucléaire iranien. «Si la Syrie tombe, l’Iran perdra son principal allié dans la région et aura plus de mal à armer le Hamas de Gaza et le Hezbollah libanais. La chute de Bachar el-Assad pourrait finalement être une étape très positive dans notre lutte contre l’Iran, car elle affaiblit l’axe Téhéran-Damas-Hezbollah», explique un responsable israélien. Il ose même espérer des conséquences positives sur le programme nucléaire iranien. «Après tout, l’ayatollah Khomeiny a bien mis fin à la guerre avec l’Irak en 1988 parce qu’il avait compris que les Iraniens ne gagnaient pas. Ils peuvent donc prendre des décisions rationnelles…»

Échange d’armes entre Téhéran et Damas

Pourtant, c’est une autre affaire qui préoccupe aujourd’hui les responsables occidentaux. Selon une source bien informée, les avions iraniens qui livrent régulièrement du matériel militaire à Damas en repartiraient depuis plusieurs semaines avec des éléments d’un système antiaérien SA17. Un matériel très moderne capable d’abattre des drones et des avions furtifs et qui serait destiné à la défense des installations nucléaires iraniennes. Il s’agirait en fait d’une version dérivée et plus petite des batteries antimissiles S-300, dont la Russie avait gelé la vente à l’Iran en 2010, sous la pression des Occidentaux. Téhéran aurait depuis réussi à en fabriquer une copie, le Raad, mais de très mauvaise qualité. D’où son intérêt à se procurer les originaux, fournis par Moscou à l’allié syrien…

lefigaro.fr

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