Obama mobilise l’Amérique contre les armes

Le président a présenté un large éventail de mesures. Il appelle l’opinion à l’aider dans la bataille qui s’annonce au Congrès.

«Cette fois doit être différente», a dit le président Obama, le visage tendu par l’émotion et la résolution. «Nous avons pour responsabilité première de protéger nos enfants… Je mettrai tout le pouvoir de ma fonction au service de cette cause», a-t-il promis en présence des parents de plusieurs victimes de la terrible fusillade qui avait fait 25 morts en décembre dans une école de Newtown, Connecticut.

Mercredi, à Washington, le président a déclaré la guerre au lobby des armes lors d’une conférence de presse très scénarisée, destinée à annoncer un plan d’action pour endiguer les fusillades à répétition qui scandent la vie du pays depuis des décennies. En quelques phrases, il a défini l’une des priorités de son second mandat: «Nous le devons aux enfants morts à Newtown, comme la petite Grace, qui aimait la couleur rose… et les dessins», a dit le président, précisant qu’il avait accroché l’une des peintures de la petite fille dans son bureau et qu’il la regardait souvent pour se souvenir de son «obligation d’agir».

En présence du vice-président, Joe Biden, devant une salle pleine à craquer, Barack Obama a affiché son intention de prendre à bras-le-corps le dossier des armes, malgré les oppositions qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin. «Cela va être difficile, je n’ai aucune illusion sur l’opposition et les difficultés que nous allons rencontrer», a-t-il dit avant d’inviter les Américains à l’aider. Quatre enfants qui avaient écrit au président pour lui demander d’agir étaient présents sur l’estrade, dont Julie, qui lui avait demandé de ne pas lâcher prise. «Je n’abandonnerai pas Julie», a-t-il promis en se tournant vers elle.

23 décrets signés sur-le-champ

Le président a annoncé qu’il allait signer, immédiatement après la conférence, 23 décrets présidentiels destinés à endiguer la violence des armes à feu, financer la prise en charge des maladies mentales, accroître la sécurité des écoles et la recherche sur les effets des armes à feu. Il a aussi appelé le Congrès à se mobiliser sans délai pour voter une loi mettant en place un système universel de vérification des acheteurs d’armes à feu, législation la plus susceptible de faire consensus. «C’est une simple mesure de bon sens, a dit Obama. Nous devons faire en sorte d’empêcher les criminels et les déséquilibrés mentaux d’accéder à des armes.» Près de 40 % des ventes – effectuées dans des armureries privées ou des foires – échappent actuellement à toute obligation de contrôle.

Le président a également annoncé qu’il demanderait au Congrès de passer une nouvelle loi interdisant les fusils d’assaut et les armes de type militaire, établissant aussi une limite de dix coups pour les chargeurs de grosse capacité. Une proposition susceptible de provoquer une levée de boucliers dans les milieux «pro-guns» et leurs nombreux soutiens au Capitole. Sûre de rencontrer l’opposition de la Chambre républicaine, l’Administration envisage de travailler au corps les sénateurs démocrates pour leur donner le courage d’agir. Beaucoup d’entre eux, dont le président de la majorité, Harry Reid, élu d’un État «pro-gun», ont jusqu’ici été très timorés sur le sujet des armes.

Dès lundi, la National Rifle Association, puissant lobby qui surfe sur l’attachement des Américains au port d’armes garanti par le deuxième amendement à la Constitution, avait lancé la contre-offensive, appelant l’Amérique à la résistance et accusant le président de vouloir priver les citoyens de leurs libertés fondamentales. Ce mercredi, un clip télévisé financé par la NRA accusait même carrément le président d’être un «élitiste hypocrite», d’accord pour faire protéger ses filles par le Secret Service, mais hostile à «armer les professeurs des écolespour assurer la protection des autres enfants». Cette attaque, jugée «scandaleuse» par de nombreux commentateurs, en dit long sur l’humeur guerrière de la NRA, qui va tenter de mobiliser ses troupes au Congrès, en menaçant de couper les vivres lors des prochaines élections à ceux qui céderaient à la Maison-Blanche.

Consciente d’un combat qui pourrait l’épuiser, à la manière dont l’avait absorbée la bataille sur la réforme de la santé, l’Administration Obama compte utiliser ses techniques de campagne pour mobiliser l’opinion. «La seule chance que nous ayons de changer la situation, c’est que la nation le demande, a dit Barack Obama dans sa conférence de presse. Nous avons besoin de voix qui s’élèvent, de parents, de professeurs, d’officiers de police… Appelez vos élus, demandez-leur s’ils vont soutenir notre action et s’ils vous disent que non, demandez-leur si obtenir une note favorable de la NRA pour avoir des fonds de campagne est plus important que sauver des innocents.»

lefigaro.fr

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Commentaires

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