Carlton : DSK confronté à une prostituée

Les juges d’instruction reprennent leur enquête au pas de charge.

Dominique Strauss-Kahn a succédé jeudi après-midi à Dodo la Saumure dans le bureau des juges instruisant l’affaire du Carlton. Pendant quatre heures, l’ex-patron du FMI a «été confronté à une jeune femme», indiquait à la sortie Me Frédérique Beaulieu, l’une de ses avocates. Il s’agit de «Jade», l’une des prostituées les plus accusatrices pour DSK, qui indique avoir participé à des soirées à Paris, en Belgique et à Washington après avoir été recrutée dans le club de Tournai, contrôlé par Dodo la Saumure, où elle travaillait. Déjà entendue par les juges, l’escort girl avait indiqué que, lors de sa deuxième rencontre avec DSK, en septembre 2009, elle lui avait expliqué ses activités rémunérées dans un club échangiste. «Ce serait chouette de venir te voir», aurait, selon elle, répondu DSK. Une version en totale contradiction avec celle de l’ancien ministre, qui certifie n’avoir jamais su qu’il avait affaire à des prostituées. À Washington, «Jade» avait été prise en photo au côté du directeur du FMI, dans son bureau.

Au cours de cette précédente audition, l’escort girl avait exprimé son ressentiment à l’égard de DSK, lui reprochant de renvoyer les prostituées «là où il nous estime depuis le début, c’est-à-dire à l’état de poussière».

«Des actes de proxénétisme»

Sur le fond, l’analyse des juges et celle de la défense de DSK continuent de s’affronter. Pour les avocats de l’ancien directeur du FMI, les accusations de proxénétisme sont «absurdes » et s’effondreraient lors d’un éventuel procès. Le raisonnement des juges heurte «tout autant le bon sens que l’analyse juridique », réagissaient-ils vivement en décembre. Les défenseurs des autres mis en examen n’«enfoncent » pas non plus DSK, loin de là. «On peut penser ce qu’on veut de ces soirées. Mais le fait pour Dominique Strauss-Kahn d’y participer quand ses amis rêvaient de lui faire plaisir est-il constitutif d’un délit de proxénétisme ?», interroge Me Hubert Delarue, conseil de René Kojfer, le chargé des relations publiques du Carlton.

À l’inverse, les juges d’instruction se sont jusqu’à présent employés à étayer leur démonstration d’une «participation effective et déterminante » de DSK à «des actes de proxénétisme». Une analyse partagée par Me David Lepidi, avocat d’une association de lutte contre la prostitution, partie civile dans cette affaire, qui estime qu’«à ce stade, des indices graves ou concordants justifient pleinement la mise en examen de M. Strauss-Kahn».

lefigaro.fr

Cette entrée a été publiée dans Actualités, Société, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Réagir