Les autorités musulmanes de Bamako soutiennent la guerre

Pour le Haut Conseil islamique du Mali, l’intervention militaire ne serait pas une croisade anti-islam mais bien au contraire une guerre destinée à libérer un pays à plus de 90 % musulman.

Depuis le début de l’intervention armée, le Haut Conseil islamique du Mali (HCI) avait gardé une étonnante discrétion. Cette semaine, cette institution extrêmement importante au Mali est finalement sortie de sa réserve pour proclamer son soutien sans réserve à l’intervention militaire, remercier la France pour son implication et demande aux fidèles de faire bloc derrière les autorités du pays et l’armée.

Surtout, son président, le très influent imam Mahmoud Dicko, a dénoncé une «campagne de dénigrement» lancée depuis plusieurs jours dans le monde arabo-musulman. Depuis le début de l’intervention militaire française, des voix de journalistes ou de prédicateurs se sont élevées dans certains médias tunisiens, égyptiens ou encore mauritaniens, qui présentent l’intervention militaire française comme une agression contre les musulmans.

«Nous ne sommes pas d’accord avec cette interprétation, s’insurge Mahmoud Dicko, nous pensons que c’est le contraire! C’est la France qui a volé au secours d’un peuple en détresse, qui avait été abandonné par tous ces pays musulmans à son propre sort. Nous parler aujourd’hui de croisade anti-islam, poursuit l’imam, c’est quelque chose que nous ne pouvons pas accepter en tant que responsables musulmans du Mali.»

Pour le Haut Conseil islamique, l’intervention militaire ne serait pas une croisade anti-islam mais bien au contraire une guerre destinée à libérer un pays à plus de 90 % musulman. Aussi, dans les attaques dénoncées par le Haut Conseil, Mahmoud Dicko croit-il voir la main de nations étrangères pas toujours bien intentionnées. «Nous ne voulions pas y croire, mais vu cette campagne, nous sommes obligés de prendre très sérieusement la chose et de voir si certains pays ne sont pas derrière. Je pense au Qatar, parce que la personnalité du monde musulman la plus influente à avoir dénoncé cette intervention se trouve au Qatar.»

Réconciliation nationale

Une allusion aux propos du chef religieux Youssef al-Qaradaoui, qui dénonce une intervention «précipitée» de la France, «avant d’avoir épuisé tous les moyens de parvenir à une solution pacifique et à la réconciliation nationale».

Le nord du Mali est occupé par les djihadistes depuis plus de neuf mois. Dans la foulée de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), qui appelait la semaine dernière à un «cessez-le-feu immédiat» et à un retour aux négociations avec les islamistes, le gouvernement du Qatar en appelle lui aussi au dialogue.

Doha, déjà cité comme une possible source de financement des groupes islamistes armés qui opèrent au Mali, notamment du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), serait donc à l’œuvre pour exercer son influence et imposer la charia dans la région sahélienne. Le président du Haut Conseil conserve un conditionnel de rigueur… mais, déjà, il dénonce.

lefigaro.fr

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