Bientôt huit turbines à la disposition du Bénin

Près de trois semaines après l’explosion d’un accumulateur du système hydraulique de démarrage de la troisième unité des turbines à gaz de Maria-Gléta, une dizaine de journalistes béninois a visité la centrale électrique, le samedi 26 janvier 2013. Tout compte fait, il se confirme que l’événement malheureux du 7 janvier dernier n’était qu’un incident que la reprise des activités d’essai sur le site a vite permis d’oublier, laissant augurer pour très bientôt la fin des ennuis d’électricité du Bénin.

Maria-Gléta, en provenance de la double voie pavée en réaménagement de Tankpè, dans la Commune d’Abomey-Calavi. Sous la conduite de Victor Gbénou, Coordonnateur de la Combustion associates incorporated (Cai), dans le cadre de l’installation de la centrale électrique de Maria-Gléta, les professionnels des médias reçoivent le quitus du corps de sécurité pour pénétrer dans le Complexe.

A gauche, Mukund Kavia et, à droite, le chef du chantier de la Cai

Très tôt, la délégation est reçue par le Pdg de la Cai, l’Américain, Mukund Kavia, assisté par le premier responsable du chantier. C’était en début d’après-midi, ce samedi 26 janvier 2013, dans la salle de conférence de la Structure. Comme préalables aux échanges, la langue de bois est bannie de même que toute réserve : les journalistes sont autorisés à poser toutes les questions qu’ils sentent nécessaires. Près de quatre-vingt-dix minutes plus tard, les vérités concernant l’incident du 7 janvier 2013 éclatent : l’explosion que certaines langues ont annoncé comme ayant débouché sur la destruction de toute la Centrale n’est pas avérée, elle ne concernait que la troisième turbine, au niveau de l’accumulateur du système hydraulique de démarrage, ce qui est déjà complètement maîtrisé. Ensuite, Mukund Kavia se révèle ferme : la centrale électrique de Maria-Gléta est une superstructure technique et technologique, complètement fonctionnelle que l’Etat béninois va réceptionner dans un mois, ce qui va montrer au peuple béninois que ses 33 milliards d’investissement ont été bien utilisés. Selon lui donc, il n’est pas question d’un »éléphant blanc».

Victor Gbénou, en noir, Coordonnateur de la Cai, traduisant les explications de M. Kavia

Par ailleurs, revenant sur l’historique de la conduite par son entreprise du chantier, il a révélé avoir pris possession du site en 2007 et, un certain retard dans l’achèvement des travaux a été observé, à cause de plusieurs situations qui se sont présentées : en trois ans, il a fallu régler, respectivement, la question du nombre de jeux de barre à utiliser pour être en adéquation avec les installations de la Communauté électrique du Bénin (Ceb), ce que le contrat ne précisait pas, celle de l’assurance pour l’essai et la mise en service des turbines, ce qui a vu l’écartement des sociétés nationales d’assurances pour manque d’expertise, en faveur de Lloyds, en Grande-Bretagne.  Enfin, il s’imposait de faire face aux laborieuses vérifications de la Société ivoirienne de contrôle, le Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd) qui, selon les clauses du contrat signé avec l’Etat béninois, devait consulter et donner son approbation avant l’installation de quoi ce soit sur le site. A la fin de ce cycle assez éprouvant, M. Kavia pense que ce retard a permis à tous d’en apprendre beaucoup et il rassure concernant la valeur de la centrale électrique de Maria-Gléta qu’il décrit comme disposant de huit turbines identiques, assemblées en Californie, d’une capacité de production de 8 mégawatts chacune. Donc, elles donneront, réunies, un total de 80 avec, comme avantage, la possibilité que chaque turbine fonctionne indépendamment des autres ; elles sont conçues pour utiliser du gaz naturel ou du combustible Jet A1. Et, ce qui tient à coeur au Pdg est de montrer aux Béninois qu’elles peuvent produire de l’énergie et il s’emploie à cela  par les essais internes qui sont en cours concernant chaque unité de turbine.

Les journalistes attentifs …

En outre, les questions des journalistes présents ont permis à l’intervenant de rassurer davantage quant au fonctionnement de la Centrale dès sa livraison à l’Etat et sa prise en gestion par les autorités béninoises : des techniciens de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et de la Ceb sont en formation par la Cai, depuis plus d’un an et demie, sur la manipulation technique d’un tel complexe.

Le site de Maria-Gléta, à sa livraison par l’Etat à la Cai, en 2007 …

«D’ailleurs», explique le Pdg, Kavia, «c’est notre nom, notre réputation et notre honneur qui sont en jeu ; nous n’avons pas intérêt à laisser le site sans la formation d’une équipe de relève».

… et en phase très avancée des travaux, quelques années après

Suite à l’ensemble de ces explications, les journalistes ont visité les installations du Complexe ; de la salle de contrôle équipée d’ordinateurs tactiles de haute portée de communication à l’intérieur de quelques turbines et aux équipements de la Ceb, en passant par l’Unité 3, accidentée le 7 janvier dernier, M. Kavia s’est montré généreux en nouvelles explications sur le fonctionnement interne des machines dans leurs différents compartiments.

Les journalistes dans la tour de contrôle de la Centrale

Quelques militaires et des agents sapeurs-pompiers qui nous accompagnaient approuvaient de la tête.

M. Kavia, dans ses explications sur le fonctionnement interne d’une turbine

Toutes les conditions semblent donc réunies pour la continuation sans danger des essais à l’issue desquels il devra être techniquement et matériellement prouvé que chaque turbine peut s’acquitter de ses 10 mégawatts d’électricité, déjà qu’à notre sortie du site, l’unité 6, en marche, affichait environ 9 mégawatts, de sources techniques. Vivement ces fruits aux fleurs prometteuses, pour une extinction du délestage au Bénin.

Marcel Kpogodo


Encadré : La Cai, une entreprise américaine à l’expertise incontestable

La Combustion associates incorporated (Cai) n’est pas née de la dernière pluie. Non seulement elle a reçu de nombreuses récompenses de la part du Gouvernement américain mais, aussi, elle peut s’enorgueillir d’un certain nombre de certifications de haut niveau. Avec un a priori aussi reluisant, il ne lui reste qu’à livrer une centrale électrique qui constituera une médaille nouvelle et qui honorera le Bénin de lui avoir fait confiance, marquant, de cette manière, sa contribution à l’éradication du délestage dans le pays.

Les différents Prix reçus par Cai aux Etats-Unis
1.     Récipiendaire en 2011 du Prix Spécial du Président : Presidential “E” Award for Excellence in Exporting
Présenté par : Le Département Américain du Commerce, Washington, DC
2.     Récipiendaire en 2009 du prix : Spirit of the Entrepreneur Award for Technology
Présenté par : Le Centre pour l’Entreprenariat, Université de l’Etat de Californie, San Bernardino, Californie
3.     Récipiendaire en 2009 du Prix : Exporter of the Year Award for Sub-Saharan Africa
Présenté par : Exim Bank – Import Export Bank, USA
4.     Récipiendaire en 2008 du Prix : National Minority Person of the Year Award
Présenté par : US Small Business Administration
5.     Récipiendaire en 2007 du Prix : Vendor Excellence Award
Présenté par : Defense Logistics Agency, US Department of Defense
6.     Récipiendaire en 2006 du Prix : National, Regional and District Exporter of the Year Awards
Présenté par : US Department of Commerce and US Small Business Administration
7.     Bénéficiaire en 2005 du Prix : Minority Manufacturer of the Year Award
Présenté par : MBDC Inland Empire, US Department of Commerce
Les certifications de Cai
·      American Society of Mechanical Engineers (ASME) Certified for Pressure Vessels Manufacturing (Société Américaine des Ingénieurs en Mécanique Industrielle)
·      American Institute of Steel Construction (AISC) Certified Fabricator : Fabricant Certifié par l’Institut Américain pour les Constructions en Acier
·      Industrial Partner to U.S. EPA Landfill Methane Outreach Program
·      Industrial Partner to So. California Gas Company Self Generation Program
M.K.
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