Hollande aux Maliens : «À vos côtés jusqu’au bout»

François Hollande s’est adressé aux Maliens dans un discours qui lui a valu une immense ovation, et dans lequel il a justifié l’intervention française et précisé le rôle qu’il entendait jouer, ou ne plus jouer, par la suite.

Après le plébiscite, le triomphe. François Hollande était attendu par une foule euphorique avant même le début de son discours, qui s’était massée sur la très symbolique place de l’Indépendance, au cœur de la ville et d’un dispositif de sécurité qui ne pouvait être qu’impressionnant. Le président français a su frapper fort en affirmant que la décision d’intervenir militairement au Mali était selon lui inévitable –«oui, nous devions être là contre le terrorisme»-, mais qu’elle avait marqué «la journée la plus importante de [sa] vie politique».

Le président français, dont le nom a retenti sans interruption tout au long du discours qu’il a prononcé, a commencé par remercier les Maliens pour l’accueil qui lui avait été fait. Il a ensuite rendu hommage «au sacrifice des soldats maliens», ainsi qu’au militaire français Damien Boiteux, mort au combat, et qui a été vivement acclamé par la foule. «Le combat n’est pas terminé, a ensuite prévenu le président français. Il faut continuer et nous serons jusqu’au bout à vos côtés. Et de couper net : Mais nous partirons.» Le président français explique à la foule que la France n’a pas vocation à s’impliquer dans le processus politique à venir. Il tente même de répondre à certaines accusations : «La France est à vos côtés, non pas pour servir je ne sais quels intérêts, a-t-il assuré, nous n’en avons aucun. Non pas pour protéger telle ou telle faction, nous sommes à vos côtés pour le Mali tout entier.»

«Vous devez être exemplaires»

Sans s’impliquer, donc, François Hollande s’est malgré tout autorisé quelques recommandations. «Aucune exaction, a-t-il supplié, l’injustice ne répare pas l’injustice, vous devez être exemplaires.» «Faites de belles élections au mois de juillet», a également intimé, amicalement, le président français, avant de prendre un bain de foule, au cours duquel seule sa garde rapprochée, très nombreuse, semblait ne pas s’amuser.

Quelques minutes plus tôt, après une cession de travail avec son homologue Dioncounda Traoré, François Hollande répondait aux questions des journalistes maliens et internationaux à la résidence de l’ambassadeur de France. L’occasion d’aborder certains sujets qui n’étaient pas au programme de son discours aux Maliens. D’emblée attaqué par un journaliste malien sur l’attitude de la France vis-à-vis du MNLA (Mouvement national de libération del’Azawad), François Hollande s’est contenté de rappeler que «ceux qui portent les armes doivent les déposer» sous peine d’être «combattus». «Il appartient aux Maliens de décider» de leur vie politique interne, a-t-il également martelé, pour parer à toute accusation d’ingérence.

Au sujet des otages français au Sahel, qui pourraient être retenus au Nord de la ville de Kidal, François Hollande a assuré qu’ «aucune discussion» n’était en cours, et lancé aux ravisseurs un appel en forme de menace «il faut qu’ils comprennent que c’est le moment», «il est encore temps de les libérer, sans négocier.»

Enfin sur le retrait progressif des 3500 soldats français engagé au Mali, François Hollande a donné son objectif sans donner de calendrier : «Des éléments terroristes sont concentrés dans certaines parties du territoire, d’autres sont éparpillés, donc nous n’en avons pas fini. Mais il n’y a aucun risque d’enlisement, a tout de suite voulu rassurer le chef de l’Etat, nous nous retirerons. Nos forces vont refluer au fur et à mesure que la Misma (Mission internationale de soutien pour le Mali, composée de soldats africains, ndlr) va se mettre en place.»

lefigaro.fr

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