Boni Yayi encourage le « leadership » de la France dans la guerre au Mali

En visite à Paris du 5 au 8 février, le président béninois Boni Yayi a demandé à la France de continuer à jouer son «rôle de leadership» dans la guerre au Mali, même s’il considère qu’il est «normal» qu’elle réduise «progressivement» son contingent.

On savait le président béninois Boni Yayi pour une intervention de la France au Mali. On sait désormais qu’il est en faveur d’une certaine continuité de la présence tricolore au Mali. « Une fois que la Misma (Mission internationale de soutien au Mali aura été mise en place avec 6 000 à 8 000 soldats, c’est normal que la France puisse progressivement réduire son contingent », a-t-il déclaré après un entretien avec son homologue François Hollande, à l’Elysée, mercredi 6 février. Mais Paris devra « naturellement continuer à jouer son rôle de leadership », a-t-il ajouté.

Près de 4 000 soldats français sont actuellement déployés au Mali. Une « intervention salutaire », selon Boni Yayi, qui a remercié le président français pour son aide. « C’est tout un continent, le continent africain, qui s’en félicite », avait expliqué sur le perron de l’Élysée celui qui était, jusqu’au 27 janvier, président de l’Union africaine, et qui a souligné la volonté de l’Afrique de « jouer sa partition aux côtés de la France ».

Ratissage du Sahel

« Lorsque la guerre (au Mali) aura été terminée, lorsqu’on aura le sentiment que toute la zone sahélo-saharienne aura été ratissée, la Misma pourra être transformée en une force de paix avec naturellement un mandat sous le chapitre VII de la Charte de l’ONU [qui permet d’imposer des sanctions économiques et diplomatiques à un pays pour le contraindre à se plier à une décision du Conseil et peut autoriser le recours à la force, NDLR] parce que nous voudrions débarrasser définitivement la bande sahélo-saharienne du terrorisme », a encore déclaré Boni Yayi.

Lors d’une conférence qu’il a animée le lendemain, jeudi 7 février, à l’Institut français des relations internationales (IFRI), le président béninois a précisé sa pensée. «  Il faut une autre résolution du Conseil de sécurité de l’ONU afin que les forces françaises puissent intervenir au-delà des limites territoriales du Mali pour ratisser toute la zone sahélo-saharienne. Il faut nous aider à nettoyer cette bande de trafiquants et de terroristes internationaux », a-t-il déclaré.

Jeuneafrique.com

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