Europe : vers un accord sur un budget à 960 milliards

Après une nuit de négociations, les dirigeants européens s’acheminent vers un accord sur un budget européen diminué de près de 30 milliards par rapport à la période précédente, une première dans son histoire.

Alors que le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a réussi à faire fléchir l’euro hier, les Vingt-Sept pourraient de leur côté parvenir à trouver un compromis sur le budget de l’Europe. Après plus de 15 heures de débats, de rencontres bilatérales, d’apartés ou de conciliabules, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a présenté tôt ce matin une nouvelle proposition de compromis aux vingt-sept dirigeants de l’Union européenne. Un compromis qui pourrait déboucher aujourd’hui sur «un accord» entre chefs d’État et de gouvernement, avance le président du Conseil.

Le responsable européen a proposé aux Vingt-Sept un budget à 960 milliards d’euros. Dans le détail, le montant des crédits d’engagement, qui correspondent au plafond autorisé, est de 960 milliards d’euros, et celui des crédits de paiement, soit les dépenses effectives pour les sept prochaines années, de 908,4 milliards d’euros, avec la possibilité d’une marge de manœuvre de 12 milliards.

Si la proposition est acceptée, ce budget représenterait une baisse de plus de 30 milliards d’euros par rapport au précédent (2007-2013), qui s’établissait à 993,6 milliards d’euros, soit une baisse de près de 3% du budget pluriannuel 2014-2020. Pour la première fois de son histoire, l’Union européenne se doterait ainsi d’un budget en baisse. «Les négociations sont difficiles, car, pour la première fois, nous entrevoyons une baisse réelle du budget européen, nous n’avions jamais vu cela auparavant», a souligné le président du Conseil européen. «Bien évidemment, une telle décision est difficile à accepter pour certains membres de l’Union européenne et pour le Parlement, ce qui explique que les négociations prennent du temps.»

La Grande-Bretagne obtient en grande partie satisfaction

Dès son arrivée à Bruxelles jeudi en milieu de journée, le premier ministre britannique, David Cameron, s’était montré inflexible. «En novembre, les chiffres présentés étaient vraiment trop élevés. Ils doivent redescendre. Et si ce n’est pas le cas, il n’y aura pas d’accord», avait-il averti. Au final, il obtient en grande partie satisfaction, avec des crédits de paiements, la mesure la plus concrète pour son opinion publique, en nette baisse.

Mais les partisans d’un cadre plus ambitieux, notamment la France et l’Italie, pourront dire qu’ils ont limité la casse, avec un montant d’engagements de 960 milliards, et surtout une marge de manœuvre de 12 milliards au sein des crédits de paiements. Le président français, François Hollande, avait déclaré qu’il n’y aurait «pas d’accord» si le compromis devait «oublier l’agriculture et ignorer la croissance». Le locataire de l’Élysée aurait par ailleurs refusé d’assister à une rencontre avec David Cameron, Angela Merkel, José Manuel Barroso et Herman Van Rompuy, selon la presse britannique. Un responsable européen confie au quotidien britannique que le président français «ne répondait même pas à son téléphone», en dépit des appels répétés du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. «Les Français sont très durs en négociations, plus encore qu’au mois de novembre», lorsque David Cameron insistait pour réduire le budget européen, souligne le responsable européen.

Mais le dirigeant a également assuré de sa volonté de trouver un «compromis». Par ailleurs, la décision de réduire le budget européen semble être consensuelle, la question était de déterminer l’ampleur des réductions. Mais si les dirigeants européens parviennent à trouver un accord, le Parlement européen, qui doit voter le budget à la majorité absolue, pourrait, lui, le rejeter. «Si nous poursuivons de la sorte, avec des engagements plus élevés que les paiements réels, nous risquons un déficit budgétaire structurel», a mis en garde jeudi soir le président du Parlement, Martin Schulz.

lefigaro.fr

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