Tunisie: crise ouverte au parti islamiste au pouvoir

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a assuré samedi que les ministères régaliens aux mains de son parti islamiste seront remplacés par des indépendants dans le gouvernement apolitique qu’il veut former contre l’avis de son propre camp

Le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali a assuré samedi que les ministères régaliens aux mains de son parti islamiste seront remplacés par des indépendants dans le gouvernement apolitique qu’il veut former contre l’avis de son propre camp.

«Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l’Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères», a déclaré M. Jebali à la chaîne d’informations France 24 qui l’interrogeait sur l’avenir de ces ministères clés auxquels le parti Ennahdha refuse de renoncer.

«J’ai dû prendre cette décision sans consulter les partis politiques le jour de l’assassinat (de l’opposant Chokri Belaïd) de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l’irrationnel», a-t-il ajouté.

«Ce n’était pas une initiative de Jebali, c’était une initiative pour sauver le pays», a ajouté le Premier ministre. «Si l’initiative échoue qu’avez-vous à proposer aux Tunisiens, quelle alternative? La loi de la jungle?», a-t-il lancé à l’adresse de la classe politique.

Démission

Il a répété être prêt à démissionner s’il ne parvenait pas à avoir un soutien large de la classe politique à son futur gouvernement.

«Je présenterai l’équipe au plus tard au milieu de la semaine prochaine. Si elle est acceptée (…) je continuerai à assumer mes fonctions de chef du gouvernement, à défaut, je demanderai au président de la république de chercher un autre candidat pour composer un nouveau gouvernement», a-t-il dit plus tôt à l’antenne de Shems-FM et à l’agence officielle TAP.

C’est le première fois que M. Jebali, numéro 2 du parti islamiste au pouvoir Ennahdha, évoque sa démission. Il est entré ainsi en conflit ouvert avec la direction de son mouvement en annonçant vouloir former un gouvernement apolitique.

Hamadi Jebali, figure modérée dans son parti, a souligné à nouveau qu’il cherchait l’approbation des partis tunisiens mais qu’il excluait de soumettre une équipe remaniée au vote des députés de l’Assemblée nationale constituante (ANC) où Ennahda dispose de 89 des 217 sièges.

S’il est en conflit avec ses troupes, sa proposition a en revanche été bien accueillie par l’opposition et la société civile. M. Jebali a d’ores et déjà promis que ni lui ni les membres d’un éventuel gouvernement apolitique ne seront candidats aux futures élections.

La Tunisie est dirigée depuis l’élection de la Constituante en octobre 2011 par une coalition entre Ennahda et deux petits partis de centre-gauche, dont celui du président Moncef Marzouki.

Les trois alliés entretiennent des rapports très difficiles et ne sont pas parvenu, après des mois de concertations, à un compromis sur une nouvelle équipe gouvernementale ni sur le contenu de la Constitution dont la rédaction est dans l’impasse.

Jeuneafrique.com

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