Équateur: écrasante victoire de Correa à la présidentielle

Fort de ce plébiscite, le président Correa entend poursuivre sa «révolution citoyenne».

C’est avec plus de 30% d’avance sur son principal challenger que le président Rafael Correa est parvenu à se faire réélire dimanche en Équateur. Cet autre leader du «socialisme du XXIe siècle» montre ainsi la consolidation de ce mouvement en Amérique latine après la victoire d’Hugo Chavez le 7 octobre au Venezuela. Selon les résultats divulgués dans la nuit par le Conseil national électoral sur un peu plus de 50% des scrutins, Rafael Correa obtient 56,89% des voix, Guillermo Lasso 23,6. Guillermo Lasso a été président de la Banque de Guayaquil, gouverneur de la province de Guayas, ambassadeur et ministre de l’Économie. Son parti CREO (créer des opportunités) défend une politique économique néolibérale.

Le suivant est Lucio Gutteriez avec 6%. Cet ancien président avait dû fuir le pays en 2005 avant la fin de son mandat. Alberto Acosta, un ancien allié de Correa, subit un sévère revers avec 2,6%. Il a probablement été sanctionné pour sa très controversée alliance avec le parti néomaoiste MPD. Les résultats des législatives étaient attendus plus tard dans la soirée mais Rafael Correa semblait croire, dimanche soir lors d’une conférence de presse, que son parti, Alianza Pais, avait obtenu la majorité de la chambre. C’est la première fois depuis longtemps qu’un président équatorien finit son mandat au Palais de Carondelet, sans être obligé de démissionner. Il est encore plus exceptionnel pour ce pays qu’un président puisse fêter sa réélection. Depuis l’arrivée au pouvoir de Rafael Correa en 2006, le pays vit une exceptionnelle stabilité politique.

«Rien pour nous, tout pour les autres»

Les résultats des sondages «sortie des urnes» ne laissant aucun doute sur sa victoire, c’est plusieurs heures avant l’annonce officielle de sa victoire que Rafael Correa est sorti sur le balcon du Palais présidentiel pour saluer la foule venue l’acclamer. Entouré de sa famille et de ses plus proches collaborateurs, il a remercié le peuple «pour cette très belle victoire. Rien pour nous, tout pour les autres. Viva la patria!»

Guillermo a immédiatement reconnu sa défaite en déclarant «Dieu m’a permis de naître dans le meilleur pays du monde. Je veux remercier tous ceux qui m’ont accordé leur confiance. Nous sommes un quart de la population équatorienne. Je respecte la décision du peuple.» Seul Alvaro Noboa, l’un des hommes les plus riches du pays et qui se présentait pour la cinquième fois, a demandé un recomptage des bulletins avant d’accepter la défaite. Il n’est crédité que de 3,73% des voix.

La participation était estimée dimanche soir à 60%, soit beaucoup moins que ce que le Conseil national électoral prévoyait (85%) mais un score tout de même très élevé alors que la confortable avance de Rafael Correa annoncée par tous les sondages aurait pu démobiliser l’électorat.

Ces premiers résultats confirment une tendance politique nouvelle en Équateur: la fin du vote régional. Traditionnellement, les votes de la côte Pacifique, de la Sierra centrale et de l’Amazonie étaient très différents. Cette fois, Rafael Correa gagne dans toutes les provinces et son score est le même dans les zones rurales et les zones urbaines. Une vraie révolution dans ce pays habituellement très divisé.

C’est sans conteste un plébiscite pour le président Correa qui entend poursuivre sa «révolution citoyenne», comme il l’a annoncé dimanche soir.

lefigaro.fr

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