Les Amis de Sarkozy célèbrent son bilan

L’association, présidée par Hortefeux, entend valoriser, mercredi, l’action internationale de l’ex-président.

Les fidèles d’entre les fidèles du sarkozysme se retrouvent mercredi dans l’amphithéâtre de la Maison de la chimie, près de l’Assemblée nationale. Ils célébreront, une journée durant, de 10 heures à 17 heures, les hauts faits diplomatiques de l’ancien président de la République. L’initiative a été notamment pilotée par Brice Hortefeux et Nadine Morano, premiers «gardiens de la foi» en un retour de l’ancien patron pour sauver d’elle-même une droite aujourd’hui en mille morceaux. L’idée est bien d’entretenir la flamme du sarkozysme, de défendre un bilan et de préparer un éventuel retour pour la présidentielle de 2017.

«L’intervention en Libye»

Pour valoriser le bilan de l’ancien chef de l’État, l’action internationale est évidemment un thème plus consensuel que le bilan social ou économique, qui sera abordé à l’occasion d’autres colloques. C’est notamment ce qu’indique le sondage commandé par l’Association des amis de Nicolas Sarkozy à l’institut Ifop (sondage réalisé du 12 au 14 février, auprès de 1 009 personnes représentatives de la population). Dans cette enquête, 70 % des Français portent un jugement positif sur la politique étrangère de Sarkozy. Un résultat à tempérer, puisque l’intervention de François Hollande au Mali a également été approuvée par 70 % des sondés, selon le même institut – même s’il s’agit, dans le premier cas, de juger l’action d’un quinquennat dans son ensemble.

Parmi les initiatives diplomatiques les plus appréciées des sondés, «l’intervention en Libye» vient en premier (32 %), devant l’intervention en Côte d’Ivoire, la libération des infirmières bulgares et, en dernier lieu, la médiation entre la Russie et la Géorgie.

«La place secondaire de la libération des infirmières bulgares montre que l’opinion ne retient pas en premier lieu le défenseur des droits de l’homme», souligne Jérôme Fourquet, pour l’institut Ifop, mais plutôt l’acteur engagé dans la sortie de la crise financière internationale. «Ils sont 63 % à lui reconnaître un rôle moteur dans les négociations internationales pour éviter la faillite du secteur financier», note Fourquet. Et «85 % à considérer qu’il a plutôt renforcé le lien franco-allemand». Une relation clé, notamment pour éviter l’implosion de la zone euro entre 2010 et 2012.

On notera que ces jugements rétrospectifs ne sont pas proportionnés à l’importance de leur écho médiatique au moment où ils se sont produits. Ainsi en est-il des infirmières bulgares, pourtant très médiatisées. Elles paraissent aujourd’hui lointaines – et peut-être associées à la venue controversée du colonel Kadhafi à Paris, quelques mois plus tard. En revanche, l’intervention en Libye, il y a deux ans exactement, avait vite lassé l’opinion. Elle s’était compliquée d’interrogations sur d’éventuelles dérives migratoires et d’inquiétudes sur une islamisation rapide de la société libyenne. Aujourd’hui, c’est le sauvetage de Benghazi qui reste pourtant dans les mémoires. Au passage, les sondés approuvent largement l’intégration complète au sein de l’Otan.

Parmi les invités, on retrouve le banc et l’arrière-banc des anciens ministres et des dirigeants de l’ère Sarkozy. L’ancien premier ministre François Fillon y fera un tour et Jean-François Copé fera une intervention. Quant à Alain Juppé, il a enregistré un petit message depuis Bordeaux.

C’est Brice Hortefeux qui a financé la location de la salle et l’organisation de ces tables rondes, au nombre de trois, grâce aux sept mille cotisations – parfois très généreuses, autour de 1 000 euros, parfois minimales, de 25 euros – des nouveaux membres de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy.

lefigaro.fr

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