Benoît XVI : ce Pape qui va servir l’Église autrement

Dans son dernier Angélus, Benoît XVI a expliqué pourquoi il allait se consacrer à la prière et à la méditation.

Benoît XVI a rarement parlé de lui. Mais, dimanche, pendant la dernière prière de l’Angélus, il a justifié sur un ton très personnel sa décision de quitter sa charge pontificale, jeudi prochain. Devant une place Saint-Pierre noire de monde, il a expliqué qu’il n’entendait pas «abandonner» l’Église mais la servir autrement.

Il commentait le passage de la Transfiguration dans l’Évangile, où des apôtres montent avec le Christ sur le mont Thabor: «Cette parole de Dieu, a-t-il lancé, je la sens particulièrement adressée à moi en ce moment de ma vie», car «le Seigneur me demande de monter sur la montagne et de me dédier encore plus à la prière et à la méditation. Mais cela ne signifie pas abandonner l’Église, au contraire. Si Dieu me demande cela, c’est parce que je peux continuer à la servir avec la même intensité et le même amour, comme j’ai cherché à le faire jusque-là, mais selon une modalité plus adaptée à mon âge et à mes forces.»

Il avait expliqué juste avant, et dans la perspective du Carême, que «se dédier à la prière n’est pas s’isoler du monde et de ses contradictions», car «l’oraison ramène sur le chemin de l’action». Il devrait y revenir, mercredi 27 février, lors sa dernière audience générale.

L’action, elle, continue. Lundi à la mi-journée, le Saint-Siège a publié un Motu Proprio (décret signé de Benoît XVI) portant modification de la réglementation canonique pour l’élection du pape. Ce texte ouvre la possibilité pour les cardinaux d’avancer la convocation du conclave si une majorité se dessine en ce sens vendredi 1er mars. En ce premier jour de la vacance du siège apostolique – Benoît XVI quittant sa fonction le 28 février à 20 heures -, les cardinaux présents à Rome se réuniront en «congrégation générale». Leur premier travail consistera à voter la date d’entrée en conclave. En effet, sans la modification apportée par le Pape dans ce décret, ils devaient attendre entre quinze et vingt jours, à partir de la vacance du siège.

Les cardinaux italiens veulent un pape avant la semaine sainte

Ce décret leur donner le droit de raccourcir ce délai mais ils devront voter à la majorité simple pour le décider. Ce qui indique que l’on ne saura pas avant le vendredi 1er mars la date du début du conclave. C’est-à-dire l’entrée des 116 cardinaux dits «électeurs», donc actuellement âgés de moins de 80 ans, dans la chapelle Sixtine où ils seront enfermés à clé pour élire le successeur de Benoît XVI.

Certains cardinaux, italiens notamment, sont pour une accélération du processus car elle permettrait de voir le nouveau pape élu avant la semaine sainte, la dernière de mars, cette année. D’autres, dont le cardinal André Vingt-Trois, mais il n’est pas le seul, pensent qu’il importe au contraire de prendre le temps de réfléchir car l’enjeu le mérite.

L’action, c’est aussi le front des médias. La publication dans le journalLa Repubblica, jeudi dernier, d’un article sur un prétendu «lobby gay» qui aurait «pesé» sur la décision de Benoît XVI a non seulement provoqué la risée de la presse italienne quant à cette thèse, mais elle a entraîné la publication, samedi matin, d’une note du Vatican d’une rare sévérité: «On assiste à la multiplication d’informations souvent non vérifiées ou non vérifiables, voire fausses, pouvant nuire à des personnes et à des institutions». Pour sa part, le père Lombardi, porte-parole du Vatican, a regretté le même jour que «certains» n’aient en tête que «l’argent, le sexe et le pouvoir»: ils livrent ainsi une «description profondément injuste de l’Église».

lefigaro.fr

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